Black Rainbow s’ouvre sur un titre trip-pop qui lorgne largement vers PORTISHEAD. Le chant a fait son apparition, sur Blurred, féminin avec la participation de Angela Kinczly, plus tard sur d’autres titres.
Le groupe ayant partagé ces derniers temps la scène avec BLACK HEART PROCESSION, ANTIPOP CONSORTIUM, DJ RUPTURE ou PLACEBO, on se demande si il n’a pas pris goût à un certain circuit, moins underground que celui qu’il avait fréquenté par le passé. Que derrière ce changement, il ne se cache pas une volonté d’accéder à une popularisation de son travail.
Red Minoga, la troisième plage de l’album viendra progressivement effriter cette sensation. AUCAN est toujours à plusieurs lieux de ce qu’on attendait, mais sa musique devient moins facile et plus agressive ou angoissante. Progressivement l’univers de AUCAN va se refroidir et se complexifier. AUCAN a pénétré dans des sphères Dubstep où les mélodies cinématographiques trouvent leur place et où l’effet psychédélique est ténébreux. Des vocaux viennent et repartent, parfois de manière assez inattendue comme sur Sound Pressure Level, titre très noir où AUCAN place un Rap-Crunk assez efficace.
Les Italiens ont (définitivement ?) abandonné leur Math-Rock teinté d’Electronica, pour une musique faite entièrement d’électronique. Pas complètement dansant, ni purement expérimentation, le nouveau style d’AUCAN emprunte des chemins comparables au dérangé APHEX TWIN. Est-ce la conséquence ou la cause du travail avec Matt Colton ? Seul AUCAN le sait peut-être…
Oubliez donc ce que vous savez des Italiens. Découvrez l’album avec une écoute neuve, pour en saisir le meilleur. Si vous appréhendez le disque avec une attente particulière, vous ne pourrez qu’être déboussolés, voire déçus. Pourtant le disque, très prenant, laisse découvrir une myriade de couleurs enthousiasmantes et progressivement, Black Rainbow bluffe par ses charmes et ses subtilités.

Aucan
Portishead
Antipop Consortium