Le Split commence avec BONE DANCE, un groupe américain qui fait mordre la poussière à son Hard Core. Un Hard Core ricain bien sale comme on l'aime avec BOTCH ou CURSED. Conniver et West sont deux titres où la puissance est énorme. Le chant qui n'est pas en reste de ce côté là, manque malgré tout de variations et pourrait susciter une éventuelle lassitude sur la longueur. Imposant mais redondant. A la différence toutefois de Conniver, plus frontal, West bénéficie d'une dissonance qui prouve que le groupe, à l'exception de son chant est capable de varier l'expression de son intensité.
DIVIDER ensuite. Egalement américain, de New York pour être précis, tandis que BONE DANCE provient de l'Idaho, DIVIDER propose ici deux titres avec son nouveau chanteur, Chris Tzompanakis, plus connu pour avoir tenu le micro dans SKYCAMEFALLING. De suite l'intitulé de la première plage devient plus évidente (Gaïa). Cette fois, ce sont des influences plus Thrash et Punk qui colorent leur Hard Core. Et si ce premier titre proposé par DIVIDER atteint les cinq minutes, Halios Geron s'inscrit plus dans une durée classique pour le genre uppercut. Sans être rétrograde, DIVIDER nous replonge quand même une dizaine d'années en arrière. On retrouve une urgence caractéristique du Hard Core de l'époque, repris depuis par d'autres scènes plus diversifiée, mais qui fait du bien à entendre. Il s'agit d'un Chaos oscillant entre des noirceurs émotionnelles et une rage Punk moderne.
Et enfin, la conclusion est accordée au groupe toulousain PLEBEIAN GRANDSTAND qui avait déjà commis le hurlant How Hate Is Hard To Define sur le même label. On retrouve ici un Black Hard Core débordant de saturation. Nous nageons en pleine Ultra-Violence, le précédent album à l'écoute de ces deux nouveaux titres fait presque office de comptine. J'exagère évidemment un brin pour la forme, mais dans ce Chaotic-Core que l'on connaissait aux Français, on se retrouve submerger par une multitude de couches qui amplifient l'assaut donné par PLEBEIAN GRANDSTAND. Woe Is Me déborde tandis que Woe Is You élève le jaillissement de cette violence.
Difficile de trancher entre les trois groupes. Si ils sont de styles différents, ils partagent la virulence crasse et le côté obscure de la rage (celle qui se transmet). Même si BONE DANCE pourrait de par son chant se montrer légèrement en dessous des deux autres groupes, la capacité de ce dernier à jongler sur l'effet de style pourrait très bien compenser. Six titres qui cognent donc mais surtout trois groupes qu'il faut surveiller de très près.
N.B. : tout ceci se trouve sur http://throatruinerrecords.bandcamp.com/album/three-way-split à prix libre
Bone Dance

Plebeian Grandstand