Southerly, c'est Krist Krueger, auteur/compositeur/multi-instrumentiste de Portland. Youth, son troisième album, nous emmène dans son univers assez personnel, fait de ritournelles un brin lo-fi, d'émotions non pathétiques, de guitares parfois énervées mais jamais hors de contrôle et d'une voix imparfaite mais attachante. La caractéristique principale de Youth est sa personnalité, ou plutôt celle de son auteur. C'est clairement son album, son projet, et il en fait plus ou moins ce qu'il veut. Heureusement, Krueger possède un sens inné de la composition, et on ne vire jamais du mauvais côté de l'expérimentation. Les morceaux sont parfois gentiment emmenés à la guitare un peu crade (Suffer), à la guitare acoustique (Going Down) ou au piano (Do We Believe). Krueger raconte des histoires, et les accompagne d'arrangements épars, mais subtils, qui, au fur et à mesure que l'album se déroule, deviennent de plus en plus introspectifs. Ce qui ne l'empêche pas, sans crier gare, de balancer en clôture le hit indie The End of Adolescence, si seulement les hits indie existaient encore.
Youth est un bon album mais qui laisse parfois un goût de trop peu. En ne voulant se donner aucune barrière, Krueger s'empêche de choisir une direction, et aurait vraiment pu sortir un album de pop songs classieuses et étincelantes à la Nada Surf. Comme il aurait pu se la jouer abrasif, plutôt du genre Chokebore, ou grandiloquent façon The National. Il essaie de tout faire en même temps, y arrive pas mal d'ailleurs, mais on pourra quand même regretter une tendance un peu trop calme, tendance d'autant plus marquée que le morceau le plus mouvementé, aux guitares les plus poussées, est le premier. Southerlyreste un artiste à suivre, et qui pourrait être bien intéressant à voir sur scène également, dans une configuration de groupe ou carrément en solo.
Youth est un bon album mais qui laisse parfois un goût de trop peu. En ne voulant se donner aucune barrière, Krueger s'empêche de choisir une direction, et aurait vraiment pu sortir un album de pop songs classieuses et étincelantes à la Nada Surf. Comme il aurait pu se la jouer abrasif, plutôt du genre Chokebore, ou grandiloquent façon The National. Il essaie de tout faire en même temps, y arrive pas mal d'ailleurs, mais on pourra quand même regretter une tendance un peu trop calme, tendance d'autant plus marquée que le morceau le plus mouvementé, aux guitares les plus poussées, est le premier. Southerlyreste un artiste à suivre, et qui pourrait être bien intéressant à voir sur scène également, dans une configuration de groupe ou carrément en solo.

Nada Surf