Le septième album de HEY COLOSSUS n'est pas celui qui prendra le groupe en défaut de faiblesse sonore. Par contre, il déroutera quelques peu ceux qui connaissaient le groupe auparavant.
Avec une introduction particulièrement dans le ton de ce qui va suivre, The Drang est le morceau le plus classique de l'album. Parce qu'il se joue avec des guitares grattées et une rythmique plombée, The Drang malgré ses saturations et ses cris dignes d'un exorcisme, est la seule composition qui ressemble de près ou de loin à une composition rock classique.
La suite et le reste de l'album sera plus expérimental. Très obscure, un peu impénétrable, la masse sonore que HEY COLOSSUS va construire pièce par pièce, brique par brique relève tantôt de la bande son d'un envoûtement sabbatique, tantôt de l'oppression sanglante annonçant le massacre des innocents.
Ce qui ressemble au chant, tient plus à l'égorgement d'une centaine de porcelets ou à la récitation de mantras chamaniques. De quoi envoûté vers un voyage amalgamé de cauchemars. RRR équivaut à une hallucination, type bad trip, sonore. Difficile de résister à l'appel quand on est à la recherche de nouvelles expériences auditives. Toutefois, il n'aurait pas été refusé de retrouver un ou deux titres dans une forme plus jouée à l'instar de The Drang. Rotated For Success s’accommode bien d'un final apocalyptique qui met à genoux, mais il lui manque une ligne de conduite vocale ; tandis que Almeria, Spain oeuvre dans un psychédélisme pachyderme un peu basique.
Si du côté des expérimentations sonores et de l'accumulations des saturations, RRR fonctionne d'un bout à l'autre, il manque toutefois à HEY COLOSSUS, un brin de musicalité explosive qui lierait l'ensemble. C'est d'autant plus dommage que The Drang nous montre toutes les capacités du groupe à oeuvrer dans cette direction.
Blur
My Bloody Valentine

