Sur ce split, COILGUNS proposait 3 titres dont les influences sont plus à chercher vers des groupes au gros son chaotique comme BOTCH ou THE DILLINGER ESCAPE PLAN. Un registre bien barré mais surtout frontal dont Mastoïd, la première plage, posait (ou plutôt jetait) les bases.
KUNZ de son côté, s'avèrait moins intéressant et abouti. Alors que COILGUNS bénéficiait d'une production honnête, KUNZ s'aventurait dans un registre plus brouillon et Noisy. La première plage des quatre (How), se positionnait plus dans un style Sludge alors que la suite, bon gré mal gré, voguerait dans un univers plus Noise mais assez disparate au final.
Cette première carte de visite a permis à COILGUNS de monter une tournée à travers l'Europe, l'étiquette « avec des membres de THE OCEAN » aidant bien entendu. Le défi pour les Suisses fut d'adapter une écriture avec basse à un jeu sans basse. En effet, en abandonnant l'instrument, le chanteur Louis et COILGUNS décidèrent que le groupe n'aurait définitivement plus de basse. Dès lors, c'est Jona qui trouva la solution en s'équipant de manière à faire sonner le groupe comme si il avait deux guitares et était un bassiste en même temps.
On comprend également pourquoi, le nouvel EP de COILGUNS suit de si près la sortie du split. La volonté de montrer l'évolution du groupe se fait ressentir car après une telle remise en question et une adaptation nécessaire, COILGUNS ne pouvait qu'en ressortir grandi. Pourtant construit en une semaine, le groupe habitué à aller vite en besogne, montre une maturation dans le style et le jeu.
Si on se rend compte qu'aucune basse n'est jouée, que COILGUNS s'est réduit à une formation minimaliste, le groupe n'en a pas perdu pour autant en puissance. Que du contraire dirais-je même ! Cette décision a obligé les Suisses à être encore plus présents sur le front. C'est par conséquent avec encore plus de violence et de chaos que COILGUNS balance la sauce.
Il a gagné également en noirceur. Mais afin d'éviter certains clichés et surtout une facilité trop évidente par des samples, c'est à nouveau en monopolisant le devant que COILGUNS arrive à pallier l'absence de membres. Il tend son style jusqu'à la limite de la rupture.
Finalement ce qui aurait pu être perçu comme une faiblesse de prime abord, COILGUNS a su en tirer parti pour faire évoluer sa musique et la personnaliser. En se retrouvant, par choix, contraint de pallier à certaines habitudes, et en désirant continuer sur sa lancée plutôt que d'adapter son style, COILGUNS s'est forgée une identité musicale plus prononcée que six mois plus tôt.
De quoi donner envie d'attendre la mi-mars, pour choper le disque dans son format vinyle et de voir comment le groupe aura su également faire évoluer sa musique sur scène.

Coilguns
The Ocean
Botch