Vous aurez dès lors deviné qu'avec THE PRESTIGE, il sera avant tout question d'envoyer au plus fort et au plus net la sauce Post-Punk-Hard-Core. Pourtant et si effectivement le groupe n'hésite à aucun moment à balancer sans s'économiser son énergie, il sort des conventions du genre.
En apportant des arrangements au piano désaccordé, à l'orgue, au mellotron et par le biais de subtils interludes, introductions et sorties, THE PRESTIGE démontre qu'il n'est pas un simple groupe de hurleurs et de cogneurs. De prime abord, ces passages cassent le rythme et surprennent. Au point que déboussolé, on se demande à plusieurs reprises si THE PRESTIGE ne s'éparpille pas et n'en rajoute pas un peu trop. Puis progressivement, ces moments sonores, parfois assez éloignés de la fureur que l'on attendait du groupe, trouvent leur place et s'apprivoisent. S'opposant aux attentes primaires, ils finissent par contribuer à la tension et l'urgence que la formation dégage.
La violence voulue par le style s'est transformée en fougue mûre, intelligemment exploitée. Et là où certains ont besoin d'une énorme production pour donner le change, THE PRESTIGE se sera contenté d'un bon entourage pour restituer leur volonté ainsi qu'un travail savamment subtil dans la manière d'amener ses compositions et de dépasser les évidences.
Black Mouths se révèle en bout de course un album équilibré. Et si le rythme des enchaînements des plage est malmené, ce n'est pas en vain ou pour faire semblant. THE PRESTIGE s'inscrit parmi les groupes capables d'innover et de réinventer le Hard-Core tel un CONVERGE ou plus récemment un CEREMONY, sauf que pour une fois, il se situe de ce côté-ci de l'Atlantique !
The Prestige

Anathema


Cult of Luna

Converge