Je vous vois venir et nombreux sont ceux qui pensent irrémédiablement avoir à faire à un nouveau groupe à la sauce AC/DC. Et bien que ces personnes aux préjugés bien ancrés révisent leurs sentiments.
On peut être crocodile et mordre à d'autres hameçons que ceux d'Angus Young et sa bande. En effet, hormis le titre "Money Talks, It Say Goodbye", les influences métalliques de Koritni se situent plus sur les côtes californiennes que sur les rives de Sydney. Sans verser dans le metal mélodique et pompeux de la fin des années '80, Koritni surfe sur un hard rock mélodique dopé à la testostérone.
Il n'est d'ailleurs pas étonnant d'y retrouver l'excellent Jeff Scott Soto prêter sa formidable vocalise au titre éponyme de l'album balancé sur un tempo assez bluesy.
Et les invités de marque ne manque pas puisqu'ils se bousculent au portillon des Australiens. Jeff Waters, le leader gratteux d'Annihilator, prête aussi un solo d'anthologie sur "Tv's Just A Medium". Il y a aussi Rusty Brown d'Electric Mary qui participe aux choeurs de "Better Off Dead".
Mais le groupe n'a pas besoin du concours de noms ronflants pour justifier son existence. Il suffit de se pencher sur les riffs du frenchy Eddy Santacreu pour mesurer tout le talent de cette formation qui semble être arrivée à maturité en témoigne le très remuant "Let's Go Crazy".
Il y a aussi Lex Koritni qui a donné son nom au groupe mais surtout, aussi, sa voix. Sa performance vocale est hallucinante sur "Sometimes", morceau de 7 minutes qui fait voyager l'auditeur entre mélodies et puissance.
N'oublions pas non plus "Lost For Words" et "Hold On", deux titres plus suaves mais interprétés avec une justesse qui ferait pâlir n'importe quel zombie.
Il n'est pas inutile de préciser que l'oeuvre a été mixée par Mike Fraser. On ne s'étonnera, dès lors, pas de l'excellente production dont jouit cet album. Les puristes apprécieront.
Koritni vient, à n'en point douter, de franchir un nouveau cap. Ses compositions mélodiques devraient enfin trouver écho d'autant que le groupe se voit distribué par un nouveau label (Verycords) à l'appétit grandissant. Voilà qui devrait enfin permettre à Koritni de sortir de l'anonymat...
Koritni
Jeff Scott Soto
Annihilator