Initié par NICK CAVE, tant avec ses BAD SEEDS qu’avec THE BIRTHDAY PARTY, ou encore aujourd’hui avec GRINDERMAN, mais aussi PENTHOUSE ou de l’autre côté de l’océan THE JON SPENCER BLUES EXPLOSION, cette scène mêle avec classe les racines infernales du Blues et la dépravation du rock. Ce n’est donc pas un hasard si après la dissolution de GALLON DRUNK, le parcours de ses membres croise aussi bien MORISSEY, P.J. HARVEY, TOM WAITS, LYDIA LUNCH et TINDERSTICKS. James Johnston poussant même le vice à rejoindre NICK CAVE AND THE BAD SEEDS.
Ces hommes en chemise et veston, affublés d’un pantalon à pinces et de chaussure dandies, derrière leurs airs sérieux un rien prétentieux, s’avèrent être de vrais mécréants peu recommandables. En atteste leur langage peu châtié et la hargne qu’ils daignent mettre dans le maniement de la riff crade et lourde.
Alors que le temps fait généralement son œuvre et que beaucoup de rockers de la même époque sont devenus ventrus et surtout précieux, il n’a pas eu ou que si peu d’impact sur des personnages issus des bas-fonds pauvres et sales de l’industrialisation. Lorsque l’on a grandi comme eux, entre gorgées de whisky maison ou inhalation de cigarettes chargées de nicotine pour voir ce dernier passé sans effet, il tient à cœur de maintenir en toutes circonstances et toujours le front haut. Dès lors, ce n’est pas en revenant d’entre-les-morts, que GALLON DRUNK va baisser sa (chienne de) garde. Bien au contraire, c’est avec noblesse, mais de celle qu’on évite de chatouiller car elle est capable de répondre aussi vite et aussi sèchement qu’au temps de son âge jeune, que le groupe londonien a remis en marche la machinerie.
Elle n’a pas perdu de sa rutilance. Et comme il n’est point besoin de splendeur ici, la poussière accumulée s’estompera au gré des vibrations occasionnées par un jeu qui possède tout l’opposé de la douceur d’une loque. GALLON DRUNK a taillé son album de singles potentiels. You Made Me, le premier et le premier titre des 8 qui composent The Road Gets Darker From Here, n’est que le début d’une longue série de compositions également percutantes. Que ce soit les suivant, Hanging On et 1.000 Years, tout aussi capables de percuter les charts, le mélancolique Stuck In My Head, le classique Killing Time dans la pure tradition jusqu’au boutisse du GALLON DRUNK ou encore les désespérés I Just Can’t Help But Stare et The Big Breakdown ou l’hallucinant The Perfect Dancer, GALLON DRUNK la joue furieux, primal et rock’n’roll. Par conséquent, pas de doute, GALLON DRUNK est bien de retour et ce n’est pas pour l’esbroufe et la médaille, ni une course qui vise à rattraper une jeunesse perdue !
Gallon Drunk
Nick Cave

The Jon Spencer Blues Explosion
