ABRAHAM, groupe suisse de la région de Lausanne sort son deuxième album aux résonances trompeusement bibliques : The Serpent, The Prophet & The Whore. Sournoisement intitulé puisque le disque s'inspire plus d'une nouvelle d'un certain J.G. Rawls dont l'identité elle-même est douteuse, que de l'homme craignant Dieu au point de sacrifier son fils et de tout ce qui en a découlé.
Intégrant divers vocaux écorchés dont un plus caverneux qui me rappelle particulièrement celui des condisciples de KRUGER, ABRAHAM se distincte malgré tout du jeu plus rock'n'roll de ces derniers. Le groupe se distincte aussi des productions étiquetées Post-Core ou Post-Métal et ce malgré un travail avec Magnus Lindberg. Travail par ailleurs remarquable sur la production chirurgicale mais discrète.
Sans particulièrement renouveler le genre, les Suisses parviennent à apporter suffisamment d'originalité pour proposer un disque personnel et une formation à l'identité propre. Osant successivement la rythmique Punk comme les ralentissements exploratoires, c'est par des coups de guitares acérées que ABRAHAM construit ses tensions. De par ce jeu entre chaos schizophrénique et hallucinations sonores, naissent les peurs et les souffrances.
De très bonne facture, ce disque se hisse au-dessous de nombreux autres par sa personnalité bien distincte qui le rend identifiable à la fois dans la multiplication des voix et de leurs utilisations héritées de feu LE BARON VAMPIRE que dans cette manière assez torturée de jouer des six cordes. Tout en conservant une convenance stylistique, ABRAHAM réussit le pari de se différencier de la masse.

Abraham