Pourtant tout avait bien commencé pour le groupe connu à ses débuts sous le nom de QUETZAL. La formation anversoise, en pleine vague Emo-core se forge rapidement une réputation. Sa musique tendue, aux voix multiples lui permet de sortir, entre autres, deux albums chez Conspiracy Records et de fouler les planches belges et européennes. Il fera partie des groupes underground qui marqueront la scène nationale à la fin des nineties et au début des années 2000.
Il y eut ensuite une petite période de flottement. De l'aveu même du groupe, dans le processus de composition, il est assez lent. Ce qui est plutôt admissible puisqu'à l'écoute de la musique de QUETZAL, puis par après de IN-KATA, elle se caractérise par un souci du détail. Suite au départ du batteur de QUETZAL, le projet est rebaptisé IN-KATA. Il continue sur la même voie tout en s'offrant malgré tout une nouvelle vie, et par conséquent une évolution musicale.
Farewell Masquerade, le premier album de IN-KATA se fera déjà attendre. Dans la continuité de QUETZAL mais plus mélancolique, sa sortie reste plutôt discrète. A cette époque et encore aujourd'hui, les différents membres du groupe s'éparpillent quelque peu dans des projets annexes à plein temps parfois. Ainsi, le chanteur du groupe gère le célèbre Scheld'Apen ; le guitariste joue également dans DAAN, CREATURE WITH THE ATOMBRAIN et PAPERMOUTH tandis que le bassiste intègre FLYING HORSEMAN. Autant de causes que de conséquences à cette nouvelle discrétion de presque 5 ans.
Il y a tout juste un an, devait sortir le deuxième album de IN-KATA. Deux titres apparaissent sur la toile et ce nouvel album est attendu pour décembre 2011. IN-KATA refait surface, quelques concerts sont donnés, majoritairement en Flandres. Mais l'album a du retard. Mixé par Filip Goris au studio de TRIGGERFINGER, le groupe a choisi Hendrik Muylaert et le studio ardennais La Chapelle pour enregistrer tandis que le mastering a été confié au New-Yorkais Fred Kevorkian (TRIGGERFINGER, THE JON SPENCER BLUES EXPLOSION, HEAVY TRASH, DUB TRIO).
Le quatuor est également devenu un quintet en intégrant un nouveau membre aux claviers. Avec un an de retard et un clip qui meuble déjà l'attente sur la toile, Thanatopraxis, le deuxième album de la formation anversoise est enfin dans les bacs.
Comme pour symboliser ce silence qui a assez duré, Fasting Fools, la plage d'ouverture, ressuscite la musique de IN-KATA par un fade in long et progressif. De suite on entend que la musique du groupe s'est quelque peu arrondie et l'influence revendiquée de TOOL n'en est que plus marquée. Le groupe ne joue pas pour autant du Métal et ce sont bien les tensions et les émotions qui caractérisent encore l'interprétation des Anversois.
Constamment écrites sur des structures sophistiquées, les plages du groupe ont délaissé un peu de rugosité pour s'adapter à une interprétation ciselée au millimètre. L'apparition du synthé ne commercialise pas pour autant les nouvelles compositions, mais il est vrai qu'à la lecture de son arrivée, on aurait pu craindre une F.M-isation du groupe. Au contraire, assez discret, ce nouvel instrument va collaborer à étoffer les ambiances particulières et un peu étranges à l'instar du clip qui illustre A Fur Called Louise.
Avec un titre d'album aussi univoque, la mort s'invite comme sujet. Mais pas uniquement ! IN-KATA aborde également l'aliénation. Deux thématiques associées qui correspondent plutôt bien à l'ambiance qui se dégage de Thanatopraxis.
Ce nouvel album est assurément le plus travaillé du groupe. Si de l'époque de QUETZAL, il proposait une musique déjà élaborée, elle cherchait plus à susciter une réaction émotionnelle et spontanée. Thanatopraxis demande un investissement à l'écoute des différents détours empruntés tout en conservant pourtant une forme de fluidité qui en facilite l'accessibilité. Le travail de production aussi a été soigné. Le précédent album, Farewell Masquerade, pourtant déjà bien séduisant, ressemble plus à une bonne démo à côté de celui-ci. Doté d'une production impeccable, l'ensemble des instruments trouve une place équilibrée ainsi que chaque ingéniosité.
Ceux que l'on compare déjà à une version alternative de MARS VOLTA nous reviennent avec neuf titres rageurs d'un rock coriace et troublant. Les compositions acérées de Thanatopraxis mettent fin à une attente devenue interminable. Chavirant entre hostilité et anxiété, la musique de IN-KATA est délivrée sans concession, mais pas sans méticulosité. Après la joie du retour d'un fils prodigue de la scène anversoise, flamande et belge, il ne reste plus qu'à savourer avec délectation cet album et se laisser désorienter par les effluves entrainantes et personnelles d'un groupe qui ne cède à aucun compromis. On espère toutefois que la suite se fera attendre moins longtemps et que IN-KATA avec une telle sortie, retrouvera rapidement et en nombre l'occasion de fouler les scènes d'ici et d'ailleurs.

In-Kata



The Jon Spencer Blues Explosion
