Il est difficile de ne pas se laisser aller à l'écoute de Soma. L'album légèrement psychédélique, au groove efficace et au touché fragile emmène l'auditeur dans un monde spirituel enchanté. Les mélodies pures rappellent le jeu Post-Rock tout en s'en éloignant grâce à une limpidité de style.
Le disque revient inlassablement procurer un plaisir tranquille. Chacun de ses passages dans le lecteur magnétise l'auditeur qui pareil à une séance de relaxation, se détend. Les crispations s'en vont. L'esprit se libère des tensions.
Pourtant Soma n'est pas sans faille. Derrière ces titres qui se suivent et s'imbriquent. Derrières ces compositions qui touchent, se cache la redondance. En effet, MY SLEEPING KARMA reste sur un schéma d'écriture similaire durant tout l'album. Partant d'une mélodie claire, la composition tourne en rond. Certes, il s'agit pour les Allemands d'endormir notre esprit. Et l'objectif est par ailleurs atteint, puisqu'à l'écoute de l'album, on finit par s'y perdre. Lorsqu'on désire savoir où le disque en est, quelle est la plage que l'on écoute, c'est comme se sortir d'un rêve pour tenter de se repérer dans le temps.
MY SLEEPING KARMA cherche donc à produire l'état de transe. L'absence de crescendo explosif et de variation d'intensité fait passer le groupe à côté de cet objectif, qui, malgré tout suscite la détente. Bien qu'il soit agréable, Soma, qui est un album réussi, se caractérise par sa mollesse. Cette mollesse contribue au sentiment de bien-être qu'il procure, mais elle est aussi responsable de sa faiblesse.
Soma est une contradiction. Alors que le même disque plait, lorsqu'il s'écoute sans réflexion, libre de contrainte, l'analyse le rend vulnérable et déficitaire.

My Sleeping Karma