Originaire d'une région bien réputée pour sa scène, AEROFLOT ne peut se vautrer dans la facilité ou le ridicule. La pression du milieu est là et il assure. Avec ses synthés décomplexés, volés à Ray Manzarek des DOORS, AEROFLOT reprend la formule d'un clavier pour tenir le rôle de la basse et de l'autre pour le son syncopé et dansant, s'appuyant donc autant sur l'aspect rythmique que mélodique. Cette formule pourtant bien rock n'est pas sans rappeler CURRY AND COCO dans sa version audacieuse.
Enregistré par Stephan Krieger et mixé par Cyrille Gachet (YEAR OF NO LIGHT, THE GREAT OLD ONES) Santa Muerte n'est pas un énième disque de Post-Core aux consonances drone ou métal. Ce n'est pas non-plus un disque de Noise, bien que l'originalité bordelaise a à maintes reprises recyclé ce courant musical. AEROFLOT n'est pas non plus un groupe de Garage et là encore même si l'héritage local, à l'instar de la scène Noise, se détecte malgré tout dans les ardeurs du projet.
AEROFLOT et sa musique empruntent des chemins éparses tout en proposant un disque condensé et équilibré. On retrouve l'urgence du rock avec une immédiateté un peu déconcertante parce que facile. Mais derrière ces apparences dansantes, un brin latines, qui avaient déjà réussi à surprendre et à séduire chez un AUCAN, nous avons aussi en substance l'épilepsie Post-Punk. C'est pourquoi, on pourrait classer AEROFLOT dans une étiquette, certes fourre-tout, Post-Punk-Kraut-Electro-Space-Rock où ONEIDA s'invite à assurer les élucubrations psychés pendant que WIRE et GANG OF FOUR bataillent contre les soubresauts afin de maintenir le vaisseau dans sa trajectoire.
Même si sous ces allures, Santa Muerte pourrait refréner l'envie de s'y plonger, une fois l'à-priori du grand bazar passé, AEROFLOT s'avère être un groupe jouissif. Energique, entraînant, fin et efficace, il nous emmène sans retenue et avec fougue. Un régal de distraction et un plaisir pour les oreilles averties.
Aerôflôt



Aucan
Oneida
Wire