On peut vous dire directement que Har Nevo, même s'il aura mis le temps à aboutir, est un album des plus accompli. S'il prend tout son poids en live, ce qu'on a pu découvrir lors de sa release party à Gand en janvier dernier (à lire ici), il se défend également plus qu'honorablement sur album.
Sans jamais vraiment décoller, la musique des Gantois se fait lourde, pesante et torture les esprits dès les premières notes de "Avraham", qui ouvre le disque. Ce n'est donc pas un hasard si le groupe est apprécié et à déjà tourné au pays du soleil levant.
Durant tout l'album, The Black Heart Rebellion nous fera parcourir différentes ambiances, toutes aussi envoûtantes et plus lourdes les unes que les autres.
Chaque morceau nous transporte, loin très loin jusqu'à ce que l'on ait oublié la réalité à laquelle l'on se rattache habituellement. Le tout sans explosion de décibels, de la finesse, rien que de la finesse.
Entre une rythmique calculée et précise et des riffs de guitares qui laissent parfois la place à des bruits de chaînes ou de cloches, l'instrument majeur de cet album n'est en fait que la voix de Pieter Uyttenhove.
Si sur scène, elle ne se fait pas souvent plus haute que les autres instruments, elle prend ici toute son importance et sa puissance.
Si tous les morceaux valent le détour, on conseillera cependant aux plus impatients de ne pas passer à côté de "Ein Avdat" et de "Into The Land Of Another".
Si le premier tire toute sa puissance dans le refrain que chante Pieter et dans la lourdeur des bruits de chaînes qui sont présents tout au long du morceau, le second est, selon nous, le chef d'oeuvre de l'album.
Avec un thème récurent repris au banjo, ce qui donne une certaine touche de légèreté à l'ensemble du disque, ce morceau aura également le pouvoir de mettre un terme à votre voyage d'une bien belle manière.
Avec ce disque, The Black Heart Rebellion confirme son statut d'étoile montante de la scène post rock belge et réussi l'exploit, grâce notamment à un excellent Pieter Uyttenhove au chant, de nous transporter sans pour autant forcer sur les décibels.

The Black Heart Rebellion