La première impression ressort du choix monotonique de l'album et de ses guitares. Ancré dans la répétition, cet album instaure son climat étrange et malsain par ce biais. TEMPLE OF NOTHING prend le risque d'une redondance minimaliste. Outre l'intro qui semble souhaiter la bienvenue dans un monde exposé aux forces obscures, la tautologie exploitée au long des cinq autres plages renforce le caractère occulte de leur musique.
Principalement Doom à ses débuts, TEMPLE OF NOTHING a rejoint les groupes mastodontes qui s'aventurent dans le monde de la sorcellerie. Bien évidemment Witch Rock et Doom sont depuis le commencement liés. Toutefois Psalms Of Solitary Self-Indulgence dévoile un groupe plus enclin à exploiter cette facette qu'auparavant.
Si l'album semble être fait d'un seul moule, le chant de Olivier Jaminon apporte la petite nuance qui était nécessaire pour éviter la confusion entre monotonique et monotonie. En durcissant rageusement le ton sur Wolf's Blood, il réveille la bête de sa léthargie. Sur Queen Of The Black Moon, il se transforme en prêtre romantique incantant les forces de la nature.
Face au pédigrée du groupe qui compte des membres de SET THE TONE et d'anciens membres de GOG OF MAGOG et DIVINE TORMENT, les choix de TEMPLE OF NOTHING peuvent à la fois surprendre et se comprendre. Le projet s'est dès le départ articulé sur la lourdeur et la lenteur. En prenant l'option d'un disque écrasé par une unique couleur musicale exploitée tout au long des cinquante minutes, le groupe liégeois choisit de déstabiliser l'auditeur. Parce que derrière cette répétition usée, TEMPLE OF NOTHING réussit la pari d'inscrire le juste minimum nécessaire de relief, il prouve que le choix d'assoir une seule ambiance est délibéré et maîtrisé. Psalms Of Solitary Self-Indulgence est par conséquent loin de la prévisibilité du premier EP, Lazarus EP, mais on n'en espérait pas moins du groupe.

Temple of Nothing

