Dès la fin de l'intro et les premières secondes du single Hell Above, il est indéniable que les musiciens jouissent quand même d'un sacré bagage technique. Le tapping, la double-pédale et les riffs d'un rythme impressionnant aident les auditeurs les plus hermétiques à toute cette scène emo-rock à tolérer et même apprécier la voix hyper mélodique de Vic Fuentes, qui ne se contente pas de chanter puisqu'il s'occupe également de la guitare rythmique.
Les deux frères (l'autre Fuentes, Mike, est le batteur) ont un talent évident pour l'écriture de refrains accrocheurs et ne s'en privent pas sur les quatre premières pistes. Ils les entourent de couplets plus rapides, pêchus et parsemés de cris hardcore bien trempés. La sauce prend, c'est évident. L'autre excellent single de l'album, King For A Day, reprend les même ingrédients avec en prime un featuring de Kellin Quinn, chanteur de Sleeping With Sirens. Ne comptez pas sur moi pour ouvrir une nouvelle fois un débat sur l'utilisation abusive de l'autotune par Kellin Quinn, ce qui est évident pour moi ne le semble pas autant pour d'autres. Je me contenterai de trouver ça curieux, pour de la musique qualifiée d'emo, de tellement trafiquer la voix qu'il en devient impossible d'en ressentir la moindre émotion.
La seconde moitié de l'album, malheureusement, s'essouffle péniblement et retombe dans une caricature d'emo mielleux et sirupeux à souhait. Exit les couplets coups de poing qui foutent la patate, Enter les mélodies faciles et ininspirées telles qu'on les déteste habituellement dans ce style de musique. Là où ils auraient pu s'arrêter après cinq titres (juste après l'excellent Bulls In The Bronx et son génial solo de guitare flamenco) et sortir un EP parfait ou presque, ils gâchent presque toute la bonne volonté et l'énergie que Pierce The Veil a démontrées par leur teenager-pop-punk vite torchée.
Vous l'aurez compris, un EP pour le moins inégal qu'on aurait tout intérêt à acheter en vinyl puisqu'on n'aura de toute façon pas envie de le retourner. Ce serait même l'occasion de la jouer hardcore et d'investir dans un slipmat clouté, il n'y a de toute façon pas grand chose à gâcher sur la face B.
san diego emo hardcore metalcore

Pierce the Veil