Alors c'est plutôt une bonne surprise quand on se rend compte que depuis la sortie de Fake History en 2010, le groupe a considérablement évolué et s'est trouvé une véritable identité. Assumant pleinement son côté hardcore avec des passages sulfureux comme sur Empty Elvis et ses influences rock alternatif mises à plat sur That Fear Ever, letlive. applique le mélange des genres avec une efficacité redoutable.
Dans les passages les plus agressifs, cet album peut même rappeler des pionniers comme Refused. Mais c'est sur ses parties plus soft que le groupe étonne le plus, par son sens de la mélodie et du rythme. Le chant ultra varié de Jason Aalon Butler, qui s'est déjà bâti une solide réputation de frontman cinglé et imprévisible, est lui aussi un atout incontestable de la qualité de cet album.
La perle de ce The Blackest Beautiful nous est servie en début d'album. White America's Beautiful Black Market, qu'ils devraient inévitablement sortir en single, est un excellent condensé des meilleurs éléments que cet album est capable de révéler, avec son rythme chaloupé, son refrain pop bien torché et surtout son passage hardcore qu'on jurerait sorti d'un album de Vision Of Disorder.
Si on peut regretter une chose, c'est qu'hormis le déjanté The Priest And Used Cars, on ne retrouve plus de tels passages en fin d'album, qui vire quand même très pop sur Pheromone Cvlt. Cela ne remet pas en question la grosse claque qu'on peut prendre à l'écoute de cet album, mais on se met par moments à attendre des sons géniaux qui tardent à arriver.
Encore un album à ranger dans la catégorie "Je vais l'acheter en vinyle et n'écouter que la Face A". Mais l'écouter jusqu'à l'usure.
alternative rock punk hardcore

letlive
Refused