Le Nord de l'Europe constitue une contrée pleine de contrastes. Capable d'enfanter des extrêmes et de les rassembler. Le Metal noir y trouve ses racines. Mais des groupes comme SIGUR ROS ou LOGH se sont forgés une identité en s'inspirant des paysages étendus locaux. D'autres ont récupéré les images et la puissance afin de les assimiler sous forme de culte.
Fondé en 2003, EF n'a pas (encore) eu la chance d'un SIGUR ROS mais depuis le démantèlement de ses compatriotes de LOGH, il occupe la place vide de ces derniers. Flanqué d'une splendeur vaporeuse, le groupe laisse exprimer sa vulnérabilité. La douceur de EF, proche d'une mélancolie, ne transpire pas une tristesse dépressive mais plutôt une nostalgie fébrile. La musique transcrit un souvenir amèrement fragile que l'on désire préserver intact.
Parce que l'on tient à ses souvenirs, anodins ou importants, qui nous rappellent notre humanité, EF est aussi capable de se montrer combattif. Prêt à défendre ce que personne ne devrait pouvoir enlever à l'individu. Il durcit suffisamment le ton pour tenir à distance toute distraction veine.
A priori, EF aime aussi prolonger la divagation de sa mémoire. Fluide, le flot d'images suit le lit de la pensée et ainsi les débordements sont évités même lorsque cette dernière s'avère plus tumultueuse.
Delusions Of Grandeur, titre que l'on retrouve sur ce quatrième album, avait révélé un groupe approchant la transcendance du raffinement. Ceremonies poursuit dans la même voie. Jouant sur les mélodies et l'évolution des harmonies, le disque illumine ces instants contemplatifs. Emprunt de finesse, l'album reste spontané. Sans artifice ou effet de manche mais avec une affluence de détails, EF respecte la ligne de conduite tout en y apportant ses plus.

Ef
Sigur Rós