Avec un minimum d'abstraction, il est tout à fait possible d'apprécier Howl And Filth. GENERATION OF VIPERS est capable à l'instar de son mentor, de démarrer au quart de tour. Avec un son massif, signé Kurt Ballou, et un ton apocalyptique qui n'hésitent pas à trancher dans la densité, l'enchainement Ritual et Silent Shroud aura laissé au bord de l'asphyxie.
All Of This Is Mine, interlude voix, piano et ambiances angoissantes, plombe le morale avant de laisser la machinerie se remettre en route avec un jeu dantesque où se mêle le classique Doom, Postcore, Sludge et Noise.
Slow Burn se démarque de la mélasse saturée par sa basse abrasive et ses larsens empruntés à UNSANE. GENERATION OF VIPERS prend quelques toutes petites distances tout en restant agressif et sombre.
Rôdé à l'exercice de style, GENERATION OF VIPERS se montre épais mais concis. Le groupe ne se perd pas en chemin, quitte à ne pas s'éloigner suffisamment des inévitables comparaisons avec ses prédécesseurs. Le trio devenu quatuor en 2009 part d'ailleurs avec le handicap de ses membres ancrés chez Neurot Recordings (A STORM OF LIGHT et U.S. CHRISTMAS).
Howl And Filth n'est pas de toute première fraicheur. La suite de Dead Circle (2007) et Grace (2005) débarque en Europe pour appuyer la tournée des Américains mais ce troisième album avait déjà connu une sortie de l'autre côté de l’Atlantique en 2012.
De là à annoncer que GENERATION OF VIPERS n'est que réchauffé, il y a une marge qu'il ne faut pas franchir pour autant. Malgré le business des sorties ou les inspirations évidentes, le groupe et son disque proposent une musique plus qu’honnête, réalisée avec passion. L'énergie dégagée et la maîtrise du sujet à défaut d'une originalité exemplaire démontrent que GENERATION OF VIPERS est une formation pour laquelle il n'est pas utile de bouder son plaisir.

Generation of Vipers

