Le Hard Core des Parisiens (SICKBAG, HANGMAN'S CHAIR, EIBON, GLORIOR BELLI, DEATH MERCEDES, DACAST, COLOSSUS OF DESTINY) est poussé au ralentissement pour apporter plus d'impact à sa lourdeur. Dissonances et larsens viennent compléter le tableau de cette ambiance vaseuse et répugnante. Côté chant, l'extrême est aussi poussé à son paroxysme. En même temps qu'écorché, il se veut empli de haine.
COWARDS cultive une certaine forme de minimalisme. Il n'a nul besoin de s'enchevêtrer avec des complications existentielles ou stylistiques. Cet EP est torturé par essence. Malgré une ligne de conduite assez simple, Hoarder n'est pas une évidence. Pour preuve facile, le choix de la reprise (Blessed Persistence) de 16 HORSEPOWER en clôture du EP. COWARDS brouille les cartes.
Alors que Hoarder parait reposer sur une démarche limpide bien qu'assombrie, les écoutes répétées du EP dévoilent des recoins poisseux qui rendent le disque moins saisissable que prévu. Hoarder fonctionne comme une répulsion attractive. L'atmosphère met mal à l'aise. Ses relents fétides donnent la nausée. Mais nous sommes irrésistiblement attirés. Hoarder condense des éléments connus du Hard Core, du Sludge, de la Noise et autres, mais cette mise en pièces claire suscite un désir inexpliqué. Ce qui n'est fondamentalement pas très rassurant.
Cowards
Eyehategod