A priori c'est déjà le cas puisque MAMBO se lance avec audace dans la réalisation d'un album plutôt qu'un EP. Confiant donc, il nous propose directement dix compositions instrumentales aux titres saugrenus qui offrent une comparaison formelle à FRANK SHINOBI : Dodo La Moisissure, Krokodile Junkie, Botox Party, Renfort Caisse...
Sans grande surprise, MAMBO ajoute une pierre à l'édifice belge du Math-Rock. Avec les origines des musiciens et cette accointance génétique à Honest House, la course était quasiment courue d'avance. Partout, on site REDNECK MANIFESTO et HONEY FOR PETZI comme références. Bien que le style ne soit pas surprenant, les Belges étonnent malgré tout par leur jeu assez doux. Là où comme moi, vous vous attendiez sans doute à une exécution abrasive et tendue, vous serez surpris par la souplesse que MAMBO a tenu à mettre dans sa musique.
Le Math-Rock se veut ici caoutchouteux. Il s'étire et se détend à souhait avec beaucoup d'élasticité. A cette souplesse vient s'ajouter un touché doux qui frôle par moment la limite du Jazz. Gentillement bondissant, MAMBO ne s'attèle pas à casser les briques mais cherche plus à titiller, caresser ou arrondir un édifice qui a plutôt tendance à se montrer carré.
Bertier est un album qui ne surjoue pas l'enchère de la technique. Ainsi il conserve une accessibilité reposante. Son aspect cotonneux met à l'aise si bien que les sensations suggérées fortes par l'artwork s'avèrent rassurantes.
MAMBO reçoit donc une bonne note pour son premier album. Ses membres réussissent le défi de proposer un disque au format long qui tienne aisément la route. On entend techniquement l'expérience qui se cache derrière l'histoire de chacun des musiciens et la cohésion humaine de ses membres permet de proposer directement dix titres homogènes. Cette homogénéité présente toutefois une légère redondance qui devrait disparaître au fur et à mesure que MAMBO consolidera ses marques. C'est le détail résiduel qui trahit la jeunesse de la formation.

Mambo




Honey for Petzi