C’est que les membres de Nausea ne sont pas restés les bras croisés durant tout ce temps ! Participants à divers groupes underground (Dia de los Muertos, Majesty, Impaled … la liste est très longue !!) ils possèdent un savoir-faire et ont réellement quelque chose à dire.
Pourtant, ce Condemned to the system s’ouvre par une chanson plutôt longue pour le genre ("Freedom of Religion"– 3:15 au compteur) proposant en intro un riff assez basique qui surprend, voire déçoit. Le groupe a certainement voulu marquer son entrée, et cet effet est heureusement un des rares artifices utilisé sur cet album. Cette intro laisse en effet place à un riff crust/grind typique accompagné des vocaux (assez spéciaux, attention) de l’ami Oscar, vocaux qui marquent d'ailleurs cet album. Alors certes ils sont utilisés pour asséner des lyrics dont les thèmes ont été déjà vus des milliers de fois ( « Fuck the World », « Falsely Accused » , « Condemn Big Business ») mais ils servent fort bien les mélodies (osons le mot) proposées (« Hate & Deception » par exemple)
Les différents morceaux s’inscrivent dans un mélange de pur crust/grind (« Does God need help ») matinée d’un chouia d’influences pas dégueues type Napalm Death (« World left in confinement »). Et ces accélérations !
On regrettera cela dit les lignes de basse beaucoup moins marquantes que du temps de « Crime Against Humanity ». La faute à la prod ? Dommage car celle-ci, volontairement ou non, démarquait le groupe à l’époque. Tout le contraire de la production ici assez proprette, en tout cas pour un groupe comme Nausea.
D’ailleurs, si les titres défilent à toute vitesse (forcément) et s’écoutent avec plaisir (un riff old school par ici, une nouveauté par là), le tout ne ressemble plus tellement au Nausea de 1991. Non, on a plutôt l’impression de revenir à du… Terrorizer ! Sûrement échaudé par leur récente reformation et par la tournée qui sera organisée prochainement, on dirait presque qu’Oscar and co ont voulu montrer qui assume le mieux l’héritage, quitte à se rapprocher beaucoup plus en terme de prod et de song writting qu’en 1991. On note même une reprise de « Corporation Pull-In », sans parler du titre de l’album qui semble faire clairement référence au morceau "Condemned System" paru sur World Downfall.
N’empêche que, à moins d’être ultra fan du vieux Nausea et de vouloir en arriver à une vraie gué-guerre, ces différents constats ne doivent pas faire bouder son plaisir : il serait vraiment dommage de passer à côté de cet album si on est fan du genre. 2014 commence bien !
Nausea
Nausea
Napalm Death