WOODEN SHJIPS n'a jamais caché son amour du Rock primal. Celui qui se jouait en quelques accords et qui pouvait s'éterniser en boucle pour autant que rythmiquement cela reste aussi simple qu'entêtant.
Cette forme assez primitive héritée des années 60 et du début des années 70 vaut à WOODEN SHJIPS ses lettres de noblesse au rayon Garage et Psyché. San Francisco fut d'ailleurs le berceau de toute la troupe avant que Ripley Johnson, la tête pensante du groupe, ne s'en aille pour le Colorado et Portland avec Sanae Yamada de MOON DUO.
Se limitant à des compositions qui tournent autour des cinq minutes, WOODEN SHJIPS voit juste en ne proposant qu'un extrait de ce qu'elles pourraient données sur scène. Ainsi Back To Land se condense et conserve suffisamment d'impact. Ses évidences pourraient dans ce format très vite endormir le public qui pour apprécier l'effort sur sa longueur aura besoin d'un contact physique voire charnel.
Même si sans en avoir l'air d'y toucher, WOODEN SHJIPS joue encore bien un tempo plus costaud, les compositions de cet album reste soft sur la forme. Le groupe et Ripley Johnson semblent avoir mis beaucoup d'efforts dans les mélodies afin de conserver un disque méticuleux.
Sans en avoir l'air... voilà qui résume plutôt bien Back To Land. Il semble simple mais reste essentiel. Facilement assimilable, le disque se présente comme spontané et pourtant il est bien plus détaillé qu'il n'y parait. Il reprend une recette éculée, pour ne pas dire obsolète au regard des attentes du public d'aujourd'hui et, une fois encore, il trompe l'auditeur par une sonorité intemporelle qui appartient à notre modernité.
Back To Land est au départ plaisant et au final assez addictif.

Moon Duo