Le groupe joue live pour s'enregistrer. Une manière de faire qui permet de conserver toute la spontanéité et l'énergie dans son interprétation. C'est donc une formation bien frontale dans son groove qui est inscrite dans les sillons du disque. Moins brutal tout en restant autant Heavy que son prédécesseur, DRAWERS n'a pas arrondi les angles mais bien ses instruments à manche qui prennent de la masse et de la rondeur. Le rapprochement avec MASTODON se fait plus prégnant tandis que l'héritage Stoner de BARONESS se retrouve dans des lignes mélodiques et cette rondeur évoquée plus haut.
Alors que All Is One entrainait la musique de DRAWERS vers une certaine obscurité, la version proposée par cet album éponyme tire le groupe vers une tangible lumière. Plusieurs éléments contribuent à cette impression. Les lignes mélodiques dans un premier temps. Plus aériennes et catchies, elles taillent dans la masse de DRAWERS une impression de suspension. Ensuite, le chant s'ouvre à de nouvelles facettes vocales. Le panel est plus large. Derrière le chant rugueux et caverneux toujours bien présent, Nicolas Bastide se permet plus de mélodies lui aussi. Il le pose momentanément dans un phrasé plus proche du parler ce qui a pour effet de se montrer moins agressif. Et enfin de caverneux, il s'étend à rocailleux, évoquant dans ce cas des passages inspirés par le style de Roger Smalls (CLUTCH).
Alors que les Français avaient déjà proposé un excellent album en 2011, les membres de DRAWERS ont choisi de permettre à leur style d'évoluer et de s'étoffer. Les formes rondes de l'album éponyme déstabiliseront quelques amateurs du côté brut qu'offrait All Is One mais DRAWERS ne s'étant pas fourvoyé, reste une formation aux fondations massives. Cette maturation démontre au contraire une faculté à renouveler sa conception musicale grâce à laquelle le groupe en ressort grandi et encore plus impressionnant.
stoner doom metal, sludge metal, southern rock
Drawers
Mastodon
