Miserable, ce n'est ni plus ni moins que trois compositions pour une heure de musique qui vous retournent la tête. Avec ses précédents albums, BONGRIPPER s'est déjà permis d'expérimenter dans diverses sens, de la Noise au Psyché en passant par l'Ambient. Cet album marque un retour particulièrement dévoué aux riffs de guitares, au son Doom et aux cymbales sludge.
Les compositions instrumentales laissent bien évidemment une place prépondérante à l'importance des riffs. Rythmé par des cymbales tintantes comme celles de THE MELVINS, le ton pesant et lent est appuyé tant par le martèlement que par les cordes vrombissantes.
BONGRIPPER a particulièrement soigné son effet mammouth en balançant Endless, Descent et Into Ruin. Les trois compositions ne sont pas qu'une succession de riffs. L'ensemble de l'album dépeint une volonté d'asséner cette puissance par un effet de masse qui assied le disque dans un socle armé.
Derrière la lourdeur imposée, la formation américaine parvient à se positionner là où il faut, à savoir au juste milieu entre le minimalisme et l'abondance des riffs de guitares bien usées. Une à une, ces riffs viennent racler et frotter l'individu mis à terre par cette détermination rythmique. Suffisamment nombreuses pour tenir la longueur de l'album et des compositions, BONGRIPPER n'en abuse toutefois pas afin de refuser la carte de la démonstration... si ce n'est celle de la force.
Bien qu'entêtants, l'album et ses trois chapitres sont ponctués de divers virages évitant ainsi le simple effet monolithique. Ces cassures permettent de donner de l'air à Miserable et d'inclure les différentes orientations explorées par la passé par BONGRIPPER.
Du début à la fin de Miserable, BONGRIPPER réussit un parcours sans fausse note. A aucun moment, le disque ne s'enlise dans l'effet de style tout en respectant pourtant chaque règle du genre. Voué à devenir culte, ce disque balisé tire son épingle du jeu par une maîtrise pointue de son sujet qui place l'album au sommet de l'art.
Bongripper