A en croire les paroles de George Lynch, KXM fait office "d'heureux accident". En commençant à jammer, les trois musiciens n'avaient pas vraiment d'objectif en soit, si ce n'est de prendre du plaisir. Dix jours plus tard, leur album était composé. Et quel album! Dans un style mélangeant tant des influences metal, rock et même soul, KXM n'accouche certes pas là de l'album de l'année, mais balance tout de même un sacré petit ovni.
Même s'il faut accrocher à la voix de Dug Pinnick, toujours assez plaintive, force est d'avouer que l'ensemble tient extrêmement bien la route. Que ce soit d'entrée de jeu avec "Human Friction", un titre à la rythmique surprenante ou avec "Gun Fight", le troisième morceau de l'album dans lequel la guitare de Geoge Lynch se fait assommante, KXM parvient à tenir l'auditeur en haleine du début à la fin. Voilà sans doute LA qualité principale de cet album!
Un autre élément marquant de ce disque se situe à nos yeux dans le jeu de Ray Luzier. D'habitude un peu englobé dans la masse avec Korn, on retrouve ici le batteur quasiment à l'avant-plan sur pratiquement tous les morceaux. Un rôle dans lequel on n'avait pas l'habitude de l'entendre, mais qui lui permet enfin de s'exprimer. Sans l'avouer, on tient peut-être là la raison qui l'aurait poussé à provoquer cette jam salvatrice.
L'album se termine sur un titre instrumental qui rappelle la genèse du groupe. Car en s'offrant une sortie telle que "Tranquilize", George Lynch, Ray Luzier et Dug Pinnick terminent l'aventure comme elle a commencé, en jammant. L'histoire ne nous dit pas si les trois lascars donneront une suite à ce premier opus qui, s'il restait le seul témoin de leur collaboration, ferait office de one shot plus que réussi.

Korn