On retrouve le style de la formation helvétique, à savoir un savant mélange d'hypnotisme et de mélodies, entre Post-Rock misanthrope et Post-Core sombre.
Seul Gloom fait entendre le son d'un chant rageur. Il faut croire que le groupe a hésité entre ce titre chanté ou une version totalement instrumentale du disque puisque qu'une version instrumentale termine le mini-album avec autant de conviction. Cette composition magnétise littéralement son auditeur, chacune des deux versions s'avère être le point culminant de l'intensité de l'album.
ØLTEN parvient également à saisir l'auditeur par un jeu de batterie qui a le mérite de donner immédiatement une vigueur à ses compositions. L'introduction sur Mamü, titre le plus court, installe ainsi directement l'ambiance lourde et pesante.
Pour insuffler une force aux compositions, les autres musiciens ne sont pas en reste bien entendu. La basse déjà bien présente sur le premier EP de ØLTEN est à nouveau ronronnante. Les guitares saturées ajoutent une tension presque palpable. Et lorsque les trois s'en mêlent, on obtient Ogna.
Bien que quatre des cinq compositions (en réalité six avec la version instrumentale de Gloom) atteignent ou dépassent les sept minutes, ØLTEN, notamment par ce jeu de batterie puissant, maintient une concision incisive. La formation jurassienne n'étire pas par un effet aérien inutile ses intensités. ØLTEN entre généralement dans le vif du sujet pour ne relâcher sa poigne qu'en toute fin.
A l'écoute de Mode, on entend clairement que ØLTEN maîtrise de mieux en mieux sa direction. L'artwork lui-même se fait subtilement surprenant. Les Suisses se hissent grâce à leur premier album, un peu mini sur la durée, parmi les groupes à suivre impérativement en ce moment dans leur rayon.
Ølten