Et pourtant, malgré toutes les déclarations haineuses d’alors (à commencer par celles de Dez), Coal Chamber entrepris sa résurrection en 2011, d’abord par des prestations live, puis aujourd’hui par le biais d’un nouvel album, Rivals, faisant suite au Dark Days de 2002. Treize ans déjà.
Je pense ne surprendre personne si j’affirme que, déjà à l’époque, les musiciens de Coal Chamber n’étaient pas les plus techniques qui soient. Ce qui fonctionnait chez eux reposait davantage sur ces ambiances, ces riffs à la cordelette, cette agression un peu déséquilibrée. Sans compter cette imagerie mi Marilyn Manson mi Neo Metal. Un ensemble qui prête à sourire aujourd’hui, voire qui peut faire un peu de peine si l’on se repasse (péniblement) les trois premiers albums. De quoi faire penser que Coal Chamber semble revenir avec (si c’était possible) encore moins d’atout qu’il n’en avait à l’époque, si ce n’est ce vague regain de nostalgie.
En empruntant un peu le même chemin que son sentier doré des nineties, le groupe se réemploie assez facilement dans les riffs sous accordés typiques du groupe, la rage incandescente de Dez et une basse toujours aussi dodue. Les mêmes ingrédients donc, mais pour un rendu moins gothique, moins primaire, plus viscéral, plus moderne, où le groove continue à diriger l’exécution des chansons telles que Bad Blood Between Us, Rivals, Empty Handed ou Over My Head ... et c’est à peu près tout. Car, avouons-le, si la corde nostalgique est effectivement tirée, on reste quand-même relativement de marbre devant l’exécution de cet album qui n’a pas grand-chose à apporter en dehors de l’édifice propre à Coal Chamber.
Sans chercher le moins du monde à renier le passé de Coal Chamber, Rivals offre finalement ce que l’on est en droit de s’attendre de la part du groupe en 2015. C’est à dire une actualisation moderne de leur son de l'époque, mais rien qui ne puisse y faire adhérer les déjà réfractaires au style, ou d’y faire revenir ceux étant largement passé à autre chose depuis. Tout, en revanche, pour contenter les fans, ceux qui se prendraient à rêver de tournée labellisée Ozzfest ou Adidas. Ce qui n’est peut-être déjà pas si mal... finalement...
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Coal Chamber