Shock commence par réveiller le démon qui sommeillait. L'intro plombe l'atmosphère et l'on sent presque ce souffle frigorifique parcourir notre nuque avant que DEUIL n'entre vraiment en scène. Sur un premier rythme plutôt martial, la formation semble vouloir défier le diable maintenant alerté.
Ensuite DEUIL libère la cavalcade noire marquant ainsi pleinement son style du sceau Black Metal. La course poursuite s'entrecoupe d'un de ces moments tendus où l'excès laisse sa place à l'atmosphère. La formation se fait pesante afin de progressivement monter en intensité un jeu plus hypnotique.
Le disque retourné, on passe à la seconde moitié de l'album, Deny. Tout en préservant cette rage Black Metal, DEUIL expérimente ici ses accents Sludge. L'ambiance se veut encore plus oppressante pour un résultat assez extrême.
En jouant autant sur la lourdeur et que sur la lenteur, le groupe insuffle aussi une version plus Noisy et distordue de sa musique, le tout saturé. Deny est fort de son côté malsain, soulignant ainsi les travers du déni.
Une fois le décor planté, DEUIL relance la machine diluvienne à coups d'accélérations assez carrées mais élastiques. Je tends, je détends, je tends, je relâche. Le groupe prend un malin plaisir à appuyer là où ça fait mal pour enfoncer son clou.
Au trois quart de la composition, une voix parlée, en arrière fond, souligne à son tour la mélancolie dont DEUIL avait déjà usée sur son précédent disque. Ce passage répétitif amorce par ailleurs un final dantesque où le groupe, dans une extrême urgence, va engloutir la composition avant de laisser résonner son écho.
Peu après la sortie du premier album de WIEGEDOOD, originaire du nord du pays, ConSouling Sounds signe une deuxième sortie remarquable et remarquée au rayon Black Metal belge. Cette fois puisée dans le sud du pays, le deuxième album de DEUIL démontre que les francophones sont aussi capables d'être à la hauteur. Si cette fois, le nombre de labels pour sortir le disque est revu à la baisse, les soins apportés à l'enregistrement, eux, ont été revus à la hausse. Enregistré durant presqu'un mois, DEUIL délivre un disque méticuleux où sa maîtrise est mise en évidence.

Deuil