Ce passif additionné aux nombreux (et excellents) concerts donnés par Gorod depuis toujours ne faisaient donc que contribuer à la certaine hâte d’entendre enfin du nouveau matériel, le premier produit avec Karol Diers à la batterie. Près d’une année s’étant écoulée depuis les premiers concerts proposant un extrait de ce A Maze of Recycled Creeds (Celestial Nature), pouvait-on craindre que cette longue gestation pénalise le groupe ? Franchement, pas vraiment. Et à écouter la bête, encore moins.
Que pouvait-on attendre de Gorod ? De la technique à foison ? Des mélodies savantes et accrocheuses ? Des tonalités fleurant bon le prog’ jazzy ? Assurément. Sans se renier, sans jamais s’auto plagier, Gorod nous livre tout ça, et avec le sourire s’il vous plait. Sur Inner Alchemy, The Mystic Triad of Artistry ou Dig Into Yourself, Gorod évolue sur son terrain de jeu habituel mais à un niveau indécent, sans jamais trop en faire ou délivrer un menu trop copieux. La basse ondule délicieusement, les guitares virent à l’imprévisible tout en restant cohérentes de mélodie, au service de chansons parfois un peu tordues, mais jamais au point de nous perdre en route. En cela, Gorod parvient, apparemment sans effort – et c’est là ce qui est le plus déconcertant ! - à rester au-dessus de la mêlée.
Les influences groovy, jazzy, sont également toujours bien présentes. Colorées mais subtiles (Temple of the Art-God en ouverture) ou au contraire exubérantes (Celestial Nature), elles continuent à donner de l’épaisseur à Gorod, à participer à la définition de son identité. Une identité quelque part entre Metal, Death, Prog, Jazz qui ne peut fonctionner qu’avec eux, comme l’attestent An Order to Reclaim (et sa conclusion pour le moins originale), ou la fin de l’album avec l’odyssée progressive de Rejoice Your Soul et le croustillant Syncretic Delirium, entre charges heavy et leads à se damner.
Inventivité, imagination, Gorod n’est pas guetté par le syndrome de la page blanche. Bienfaiteur du Death Technique, le groupe livre avec A Maze of Recycled Creeds un excellent album, marqué par une pleine cohérence de son intro à sa conclusion. Il devrait parvenir à satisfaire les fans du groupe (toutes époques confondues), tout en réussissant encore à surprendre et à, pourquoi pas, attirer à lui des fans moins initiés à cette scène. Allez, la prochaine fois c’est Metallica qui les citera ?
Death, Technique, Brutal, France

Gorod
Slipknot
Necrophagist
Spawn of Possession
Beyond Creation