Et pour le premier chapitre de cette série, Arc, on ne peut pas dire qu’Agoraphobic Nosebleed ait choisi la facilité avec cette orientation Sludge, à mettre au compte de Kat Katz (chant, ex-Salome). Il en résulte ce à quoi on pouvait s’attendre : Agoraphobic Nosebleed perd un peu de son identité dans le process mais étonne par sa capacité à insuffler cette vibe acide et crasseuse propre au style. Puissant, détraqué, dissonant et groovy, on croirait presque à une alliance avec Eyehategod.
Et même après avoir substitué son Grind ancien à un Sludge nouveau, tout en ralentissant complètement la cadence, la qualité des riffs nosebleediens reste intacte. C'est le constat que l'on fait en tout cas d'entrée de jeu avec l’ouverture Not A Daughter, dont les riffs épais culminent bientôt en un climax bluesy. Le chant au vitriol de Katz complète parfaitement le propos, amenant tout ce désespoir acerbe propre au style.
Certes, il reste étrange de s’envoyer un maigre lot de trois chansons d’un groupe capable d’en regrouper une centaine en un seul album. Mais, clairement, il y a de quoi faire dans ces 27 minutes (!), à l’image du menaçant Deathbed, passant d’un lent grondement sourd à un Stoner enlevé en diable. Un moment de légèreté rapidement enseveli sous les dix tonnes de riffs de Gnaw, titre ultra-heavy, mais peut-être trop long avec ses onze minutes oppressives.
Sans se révéler particulièrement original et risquant clairement de perdre au passage les fans attendant une nouvelle livraison Grind, Arc constitue un EP fort plaisant, de la part d’un Agoraphobic Nosebleed loin de ses terres habituelles (mais toujours à la batterie programmée !), et dont on attend maintenant de pied ferme la suite des aventures.
Grind, Eyehategod, Pig Destroyer, Melvins, Nails, Down, Acid Bath, Crowbar
Agoraphobic Nosebleed