Au milieu de cette scène, DarkRise n'est pas forcément le nom le plus connu, mais le moins qu'on puisse dire, c'est que le CV des gars de Lausanne est bien rempli. Avec des tournées en compagnie de Death To All, Obscura, Melechesh, Nile, ainsi que des concerts en ouverture de pointures comme Six Feet Under ou Morbid Angel, DarkRise est une valeur sûre.
Voilà pour le planté de décor: c'est loin d'être un jeune perdreau qui sort aujourd'hui Fear, Hate & Corruption, son cinquième album, produit par la référence du genre Russ Russell.
Ne vous fiez pas à sa pochette peu subtile: DarkRise, si il se définit comme un groupe de brutal death, est loin d'être bas-de-plafond. L'ouverture Do or Die le prouve. Avec un incroyable aplomb, les Suisses balancent d'entrée de jeu toute leur palette: intro, riff écrasant, accélération affolante au jeu de guitare chirurgical, changements de rythme, plan de basse slappé, solo enflammé et final à faire exploser la fosse. Rideau, tout est dit: ce premier morceau est à se décrocher la mâchoire. Une leçon de death en six minutes.
Mais cette volonté de varier les tempi, répétée sur tout l'album, est à la fois une qualité et un défaut. En évitant les morceaux linéaires, DarkRise prouve son savoir-faire, parfois avec bonheur, comme sur l'énorme Cold, et on prend son pied sur les passages les plus agressifs, comme sur une bonne partie de You'll Burn for This ou sur Fire et son feeling qui rappelle un peu les meilleurs moments de Kataklysm... et on regrette parfois que les variations ne se fassent pas plutôt de morceau en morceau, plutôt qu'au sein même de ceux-ci.
Difficile, toutefois, de faire la fine bouche à l'écoute de Fear, Hate & Corruption: tout est (très) bien fait, les guitares sont incroyablement précises (on pense parfois au travail de grattes effectué sur les derniers opus de Six Feet Under), et certains morceaux - particulièrement la première moitié de l'album - sont de vrais bijoux.
Reste, peut-être, un léger manque de personnalité, à une époque où la scène extrême se démarque justement par la richesse, les ambiances et l'originalité de ses sorties. Un tel opus, aux débuts de DarkRise, aurait pu propulser le groupe sur le devant de la scène; aujourd'hui, il se contentera probablement de les confirmer dans leur statut. Ce qui est déjà une belle réussite...
darkrise, death metal, suisse

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