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Chronique 23-02-2016 par Florent 2 min de lecture

Hands of Despair — Bereft

Si je vous dis Québec, vous ne me répondrez probablement pas spontanément "metal". A fortiori pas non plus "death/doom progressif bien sombre". Et pourtant, et pourtant, c'est bien de là que nous vient ce Bereft, par des Hands Of Despair qui livrent là leur deuxième opus sous ce line-up. Et un opus qui confirme que le style se porte bien, après notamment le (triple) joyau de Swallow the Sun sorti l'année passée.

Le suspens est tué: ce Bereft est donc un bon album. Allons même plus loin: Hands Of Despair nous livre là une offrande absolument magistrale de maîtrise. Un signe qui ne trompe pas: les dix minutes d'ouverture de Reborn passent comme une lettre à la poste. La voix, puissante, que ce soit dans une voix profonde et growlée ou dans un chant écorché plus typé black, ne montre aucune faiblesse, dans un style qui rappelle l'ambivalence vocale de Mikko Kotamäki (Swallow the Sun). Première vraie bonne surprise, tous les instruments se taillent leur part au mixage, notamment la basse, non seulement audible mais prenante.

Et des surprises, les Québecois en réservent quelques autres pour ceux qui découvrent le groupe. Comme ce chant... en français, qui débarque sans crier gare - et en clair s'il vous plaît! - sur le morceau-titre, lui donnant de faux airs du Alcest des débuts. Pour un résultat qui, si il déstabilise de prime abord, s'avère au final être une vraie signature. Sur Etoc, le résultat, principalement growlé dans la langue de Molière, est même saisissant. On comprend pourquoi les membres du groupe déclarent y voir leur morceau favori: Hands Of Despair y développe probablement son style avec le plus de brio et de personnalité.
Reste qu'en termes de composition, une des plus belles claques vient de la montée en puissance poignante de Sleeper, morceau basé sur le poème de Rimbaud, le Dormeur du Val. On y retrouve le mélange de beauté et de tristesse glaçant qui caractérise l'oeuvre, dans une alternance d'ambiances rappelant les débuts d'Opeth.

La grande force de Hands of Despair est d'avoir, en sept morceaux, réussi à ne pas lasser. Chaque titre offre une ambiance différente (les choeurs presque pagan de Remnants, le plus court et calme Veil), ce qui donne une seule envie à la fin de l'écoute: y retourner. Et suivre avec attention cette scène de metal sombre venue du Canada, qui peut ajouter aux Gris, Sombres Forêts et autres Woods Of Ypres un nouveau groupe plein de talent...

Tags death metal, doom metal, canada, québec, progressive metal

Encore Hands of Despair

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