C'est dans cette deuxième catégorie que se classe Soul Dissolution, Jabawock et Acharan (noms de scène...comment ça, vous vous en doutiez?) se partageant respectivement les instruments et le chant. Pour être précis, sur cet album les parties de batterie ont été enregistrées par l'Australien Robin Stone, passé par The Amenta et aujourd'hui actif dans Norse.
Nos compatriotes, qui ont commencé ce groupe comme un side-projet à L'Hiver en Deuil mais ne font pas mystère de leur volonté de faire de Soul Dissolution leur groupe principal, publient donc avec A Pale Distant Light leur premier opus.
Et le moins qu'on puisse dire, c'est que pour un premier album, l'ambition est là. Cinquante minutes de musique, des morceaux aux structures alambiquées et aux ambiances soignées, une voix bien mise en avant, à mi-chemin entre le black et le post-hardcore: oubliez le black enregistré dans la cave, Soul Dissolution est résolument moderne et se place dans la roue des nombreuses formations de post-black ou black atmosphérique qui fleurissent à notre plus grand bonheur aujourd'hui.
Dès Waiting et ses violons, le groupe plante le décor, étonnamment... lumineux. Soul Dissolution a beau se définir comme un groupe de black "mélancolique", résolument sombre, le titre de l'album et sa pochette sont parfaitement trouvés: nous sommes loin ici du désespoir d'un suicidal black metal. Anchor, aux superbes ambiances, laisse filtrer la lumière comme les fonds marins les rayons du soleil. Soul Dissolution tient là sa force: le clair-obscur. Comme peut le faire, dans un registre plus atmosphérique, un Agalloch (la deuxième partie du pavé The Final Dissolution, pierre angulaire de l'album, y ramène inévitablement)...
Ce triptyque The Final Dissolution, parlons-en justement, et surtout de sa première partie, sombre (pour le coup, pas de discussion possible) progression dans laquelle le groupe lâche les chevaux pour quelques unes des seules accélérations de l'album, avec celles, moins convaincante, d'And Every Single Step. Huit minutes de post-black de haute volée, où le chant d'Acharan, parfois un peu monotone sur certains passages de l'album, fait merveille. La pression se relâche avec la deuxième partie précitée, avant de remonter pour un morceau plus traditionnel sur la troisième. Et une outro où plane encore le black atmosphérique et mélancolique des maîtres du genre, Alcest et Agalloch en tête.
Soul Dissolution présente déjà une belle personnalité avec ce Pale Distant Light, qui devrait pouvoir se faire une place de choix chez les amateurs du genre, pourtant prolifique depuis quelques années. Si le groupe gagnerait probablement à recruter un batteur "permanent" et plus adapté à sa musique, voire à travailler et approfondir les incursions en chant clair, peu nombreuses et parfois hésitantes, la maîtrise est là, notamment avec cette utilisation très à-propos, sans excès, de violons et de piano.
A suivre, avec plaisir et grande attention...
Melancholic Black Metal, Belgique
Soul Dissolution
The Amenta
Agalloch
Alcest