Sauf que, sauf que... Almanac ne sort pas de nulle part du tout. Les amateurs de Rage parmi vous ont peut-être apprécié l'album "de Rage mais pas vraiment", composé intégralement par le guitariste virtuose Victor Smolski sous le nom de Lingua Mortis Orchestra. Une tentative saluée par la critique qui devait en appeler d'autres, car Smolski a claqué la porte de Rage, apparemment pour de sérieuses divergences humaines plus que musicales avec Peavy Wagner, chanteur, bassiste et leader incontesté du combo teuton.
Ces querelles nous intéressant peu, nous jetons une oreille sur ce Tsar sans a priori aucun, en constatant juste que Smolski sait s'entourer, les vocalistes de Brainstorm et Pink Cream 69 étant de la partie. Deux chanteurs qui seront utilisés de façon équitable, en privilégiant la superposition (harmonieuse) des deux voix plutôt que des échanges vocaux classiques comme peut en offrir un Avantasia. Et nous avons affaire à de sacrés pros, car le résultat est fluide et précis.
Musicalement, Almanac fait la part belle à des riffs puissants et directs, dans la droite lignée du heavy germanique et précisément de... Rage, preuve si il en fallait de l'importance prise par Smolski dans la composition ces dernières années dans son ancien groupe. L'homme s'offre d'ailleurs de sacrés moments guitar hero, comme sur le solo hallucinant de Hands Are Tied. Soulignons également la présence particulièrement discrète d'une chanteuse, Jeannette Marchewka, qui, loin d'avoir une voix désagréable, ne marque pas les esprits tant elle est ici sous-employée... Etrange, mais pas forcément déplaisant tant l'utilisation systématique de voix féminines dans le power peut finir par gaver.
Si Tsar commence sur un morceau éponyme un peu répétitif et peu accrocheur, le tout décolle dèsSelf-Blinded Eyes, aux couplets power au possible accompagné d'orchestrations qui mènent à un refrain majestueux. Les refrains seront d'ailleurs la grande force d'Almanac, qu'ils soient emphatiques (Children of the future) ou très directs comme sur un No More Shadows au demeurant subtil - et sur le solo duquel Smolski place un hommage à l'hymne national russe entre deux descentes de manche à vous faire bouffer votre partition.
Si le tout ne réinvente certes pas la roue, il est d'une efficacité indéniable et, malgré quelques morceaux en-deçà, se place clairement dans le haut du panier du style. Bravo à Victor Smolski qui, grâce à un art du riff, du solo, de la mélodie et une utilisation très intelligente de l'orchestre, transforme l'essai après la réussite de Lingua Mortis Orchestra.
power metal, rage, allemagne

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