Détrompez-vous, rien de négatif dans cette chronique, que du contraire ! Malgré une entame déroutante, nerveuse et plutôt hachée, l’univers de Polar Polar Polar Polar séduit rapidement par la succession de passages hauts en couleur et déroute par les apports tranchants de claviers et de saxos aigus et névrosés (''Break Neck'', ''Bigre De Bougre''). Breaks, cassures et arythmies constituent la marque de fabrique des premières plages de cet opus pour arriver à une des pépites de cet album « Pouce ! » où l’alternance de passages plus lents et d’envolées plus mélodieuses, entrecoupées d’excellentes lignes de basse et de batteries, nous ramènent dans un univers post-rock plus « classique ». Mais Polar Polar Polar Polar n’est pas en reste et continue sur sa lancée avec ''Scalp'' retraçant une expérience apoplexique qui pourrait être fatale à plus d’un cardiaque.
Passage obligé et nécessaire pour entrer dans le côté obscur du groupe est l’écoute de la suite ''Bigre De Bougre'' / ''Bougre de Bigre'' où, d’une part, noirceur et lourdeur s’affrontent dans une lutte intérieure à la biPolarité régie par un rythme cadencé et, d’autre part, le retour de sons tranchants voire schizophréniques qui nous martèlent et nous piquent dans le vif…épileptiques s’abstenir !
Après la déconstruction, ''Poulpy l’Electicien'' reconnecte tous les fils tranchés et offre un morceau superbement construit avec une lente montée en puissance où l’apport de chaque instrument exalte notre impatience à atteindre un climax final par l’apparition de breaks aussi improbables qu’inattendus qui doivent claquer en concert. ''Fly'', qui clôture cet album, pourrait le résumer dans son ensemble tant il reprend les marqueurs développés plus haut dans ces lignes et ajoute ainsi plus de cohérence à cet album.
En bref, que dire de plus tant cet album séduit et surprend … à part peut-être introduire au calendrier le ''32 Août'' et de le déclarer comme le jour férié tant les émotions qu’il procure devraient être remboursées par la sécu !

Polar Polar Polar Polar