Si avec The Cavern, Inter Arma s'était fait plaisir et n'avait proposé qu'une seule envolée qui flirtait avec les 45 minutes, voilà que le quintet revient vers un schéma plus classique sur Paradise Gallows. Le groupe nous balance neuf brûlots qui, par moment, feront penser à un mélange subtil entre du Mastodon et du Converge. Deux références qui risquent bien d'attirer le chaland!
L'album a beau commencer en douceur avec ''Nomini'', intro épique et agréable, le calme ne sera que de courte durée puisque dès la fin de ce petit écrin optimiste, Inter Arma passe au vif du sujet et bascule du côté obscur. Direct, dur et profond, ce qui suit risque de plaire aux amateurs de doom lent et puissant. Avec ''An Archer in the Emptiness'', le band annonce la couleur de ce qui va suivre et une chose est certaine, ce rafiot de bois va prendre du lourd.
Et effectivement, ce qui arrive derrière est de la même trempe! Que ce soit le doomesque ''Primordial Wound'', titre de plus de dix minutes, ou le progressif ''The Summer Drones'', Inter Arma affiche un haut niveau. Seul défaut, le groupe termine certains de ses morceaux en fade au lieu d'infliger une énième claque en guise de clap final. Qu'à cela ne tienne, ce détail n'enlève en rien la baffe infligée!
Après une première moitié d'album placée sous le signe d'un doom tempétueux qui aura eu raison du pauvre navire de bois, la météo se fait plus clémente. ''Potomac'', magnifique titre instrumental dont le nom rappelle le fleuve marquant la frontière nord de la Virginie natale d'Inter Arma, marque la fin. La coquille de bois s'est échouée sur ces rochers tranchants, laissant place à une image de désolation.
''The Paradise Gallows'', titre éponyme de l'album, sonne alors comme une longue plainte qui n'aura pour seul retour que le bruit de l'écume venant lécher les bords de l'épave. Un morceau magistral qui sera suivi par un puissant soubresaut. ''Violent Constellations'' fait office de dernière attaque dans laquelle le groupe revient à un côté plus postmetal avant clôturer l'album en douceur avec ''Where the Earth Meets the Sky''. Ambiance roots, guitares acoustiques, voix douce et suave. Le calme après la tempête! Et quelle tempête!
En nous livrant un album tout simplement magnifique et extrêmement abouti Inter Arma met les choses au clair et se place en bonne position dans la liste des groupes qui marqueront 2016!
Inter Arma
