Comme bien souvent dans le style, et parce que le death tech' inspire plus des visions futuristes et sci-fi que des balades en forêt, Pillar of Hope baigne dans un concept spatial, l'histoire d'un voyage stellaire qui, visiblement, ne se passe pas comme prévu. Bon, je vous avouerai que la mode des albums-concepts à tour de bras, personnellement, je m'en passerais bien, préférant apprécier la musique pour elle-même... et fort heureusement, sur ce plan, Lethaeos a de vrais arguments, exposés avec éloquence dès They Conspire.
Toute la musique de Lethaeos, c'est-à-dire ses défauts et ses qualités, est en fait résumée dans ce morceau d'ouverture. Arrivée purement death metal, chant guttural particulièrement profond, puis c'est le feu d'artifice : riffs saccadés, chant hurlé, refrain au rythme totalement contre-intuitif (mais intelligent), break... et même bref passage en chant clair. Plein d'informations vous tombent sur la tête.
Heureusement, Lethaeos maîtrise bien souvent son sujet, ce qui donne quelques très bons moments. Visceral, probablement un des titres les plus réussis de l'album avec son riff bondissant, se permet même un refrain en voix claire intéressant. Mais, péché de jeunesse probablement, on a l'impression (inhérente à ce style musical) que le groupe en fait parfois trop. Au niveau du chant, premièrement: les textes, très bavards, sont inévitablement débités (et bien débités, Pierre ayant un sacré coffre et une palette vocale impressionnante) à un rythme effréné.
Au niveau de la densité musicale, ensuite : Lethaeos ne laisse que très peu respirer l'auditeur. Une fois passée l'intro, et alors que le thème invite au voyage et permettait éventuellement l'insertion de passages plus planants, Pillar of Hope ne vous lâchera que très peu la gorge. Sans pour autant qu'on s'ennuie, bien sûr. On passe même quelques très bons moments, comme sur l'excellent Impur Winds Whistle et son impressionnant travail de guitares. De même, et c'est un sacré bon point, Lethaeos ne tombe pas dans le piège si facile (d'autant qu'ils ont visiblement les capacités pour) de la démonstration technique stérile - celle qui, personnellement, me fait rapidement passer mon chemin dans ce style périlleux qu'est le djent/death technique. Pas de crise d'égo ici, et c'est tant mieux.
Les Français montrent en tout cas un réel potentiel sur ce Pillar of Hope. Lethaeos fourmille d'idées, le seul défaut (au delà des points perfectibles, comme le chant clair un peu impersonnel) étant que ces idées sont réunies sur un album court, mais particulièrement dense. Nul doute qu'en aérant un peu le propos, ils tiendront là une sacrée machine de guerre...
death technique, djent