The Foreshadowing nous vient d'Italie, pays riche en groupes sombres au possible, et envoie avec Seven Heads Ten Horns son quatrième album. De l'expérience donc déjà, et ça se sent tant les compositions sont précises et, chose éminemment appréciable, personnelles. Fall of Heroes et sa mélodie accrocheuse lancent très bien l'album et introduisent l'incroyable voix de Marco Benevento, qui peut rappeler les passages les plus profonds du chant de Fernando Ribeiro (Moonspell). Les guitares, elles aussi, rappellent le travail effectué sur le dernier opus des Portugais, jusqu'à ce break avant le retour de l'excellent refrain.
D'autres influences apparaissent sur Two Horizons, aux nappes électroniques et à la voix plus désincarnée, comme un hybride surprenant de Depeche Mode et de Paradise Lost. On en vient même à penser au regretté David Gold de Woods of Ypres tant Benevento survole les compositions. L'homme est également capable d'une belle douceur, comme sur la mélancolique ballade noire comme la nuit Until We Fail.
Et, puisque nous en sommes à parler vocalises – élément primordial dans ce style de musique, il faut le reconnaître, soulignons un point intéressant : The Foreshadowing, ce n'est QUE Benevento au micro. Pas de growls caverneux et poussifs comme on en subit sur tant de groupes de gothic/death hybrides, pas de chant féminin naïf et générique comme on en retrouve tant également (un peu partout, pour le coup). Et Dieu que ça fait du bien ! De manière générale, les Italiens évitent l'emphase excessive, souvent rédhibitoire dans ce genre (les cordes discrètes de Two Horizons, celles de Lost Soldiers qui viennent accompagner un clavier éthéré) et font montre d'une classe à toute épreuve du début à la fin.
Les guitares prennent rarement les devants, et toujours de façon temporaire, comme sur le début du (quasi) title-track 17, qui évoque la Bête à Sept têtes et dix cornes du Livre des Révélations, thème sur lequel est basé l'album (la décadence de l'humanité, la chute de Babylone, et autres joyeusetés). Autre perle, Martyrdom et ses mélodies vocales et de guitares tout bonnement hypnotisantes et dont les choeurs d'enfants annoncent la pièce finale, Nimrod.
Un dernier morceau de 14 minutes qui fascine de bout en bout, plaçant même une surprenante accélération à mi-parcours avant qu'un somptueux mid-tempo à la Paradise Lost ne reprenne le relais, porté par l'incroyable modulation vocale de Benevento (« And I gave her all my faith... »).
Vous l'aurez compris, The Foreshadowing frappe un très grand coup avec Seven Heads Ten Horns, qui pourrait bien s'imposer comme une des surprises et un des albums de l'année. Bien aidés par un vocaliste incroyable et un sens de la mélodie qui tient du génie, les Italiens délivrent un vrai joyau noir, classieux et prenant.
doom, gothic, dark
Sirenia
The Foreshadowing
Moonspell
Depeche Mode