Après un Human Contradiction durcissant un peu le ton mais perdant en efficacité, ce Moonbathers débarque et confirme la belle régularité du groupe, qui sort là son troisième album depuis 2012. Un opus accompagné d'une très belle pochette, dans un style graphique rappelant We Are the Others – bon signe après l'artwork plutôt raté de The Human Contradiction.
L'EP Lunar Prelude avait révélé le premier single de Moonbathers, un Suckerpunch qui m'avait déjà fait forte impression à l'époque : couplets mid-tempo et accompagnés de sonorités électroniques avant un refrain accrocheur – exactement ce qui m'a toujours plu chez Delain, c'est-à-dire de la simplicité, de la personnalité, la voix de Charlotte qui se fait plus ici pop-rock (on pense parfois à Anneke van Giersbergen dans certains accents), quelques riffs solides et accompagnements un peu plus épiques pour rappeler les origines... Un mix idéal et un tube immédiat.
Moonbathers commence d'ailleurs sur quelques titres plutôt efficaces. Le refrain de Hands of Gold, s'il peut finir par agacer (Charlotte est parfois un peu trop nasillarde), est très réussi, et cet excellent titre d'ouverture est renforcé par une intervention plutôt virile d'Alissa White-Gluz (Arch Enemy), déjà présente sur le précédent album ( sur The Tragedy of the Commons).
La première moitié de l'album est un quasi-sans faute, entre refrains réussis (The Hurricane) et riffs très « Nightwishesques » (le Nightwish de Floor Jansen, s'entend). Delain retrouve même, il faut l'avouer, un côté résolument metal, comme avec le puissant The Glory & the Scum, sur le refrain duquel des growls viennent soutenir Charlotte. La patte de la jeune guitariste Merel Bechtold, arrivée de Mayan récemment ?
La très jolie ballade Chrysalis clôt donc cette première moitié d'opus, et c'est à partir de ce moment, malheureusement, que le niveau baisse. Delain tente certes plus de choses, comme sur le plutôt entraînant Fire with Fire ou sur la grosse surprise de l'album, Scandal, qui sonne tout bonnement... hard FM. Sérieusement, après ce riff de synthé, on s'attendrait presque à voir débarquer David Hasselhoff en guest tant c'est kitsch – et même pas raté, les guitaristes s'en donnant à coeur joie niveau soli. Reste que Moonbathers se termine en rythme mineur, seul le très bon Danse Macabre et ses lignes vocales intéressantes réussissant vraiment à retenir l'attention.
Delain continue toutefois à tracer son bout de chemin et à affiner son identité avec, une nouvelle fois, un album plutôt réussi. La carrière des Bataves commence à ressembler à un sans-faute, même si elle reste dans l'ombre des géants du metal symphonique... sans pour autant les condamner à être vus comme des seconds couteaux.

Delain


Nightwish
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