Il n'est probablement pas nécessaire de s'arrêter sur Peripheral Metamorphis, la plage d'ouverture de ce Reliquary For A Dreamed Of World. Ce titre s'avère finalement plutôt plat et comme 11PARANOIAS ne lésine pas sur ces autres compositions, ça serait dommage d'avoir boudé son plaisir sur le reste de l'album.
Parce que mis à part ce titre plus faiblard, le reste de l'album envoie du volume et alors que le projet 11PARANOIAS aurait pu se retrouver coincé dans une surenchère de poids lourds, le trio montre qu'il a assez de matière pour construire un deuxième album pas plus light que sa réputation mais sacrément fourni pour éviter de tourner en rond.
Bien que son entrée en matière soit quelque peu loupée, 11PARANOIAS enchaîne avec pas moins de seize minutes sur Destroying Eyes, récupérant définitivement et par la même occasion celles et ceux qui ont eu la bonne idée d'aller plus loin que l'ouverture. Il montre par ailleurs que ce n'est pas la longueur d'une composition qui coule ou sauve le style joué.
Bien évidemment avec un tel développé de lourdeur, 11PARANOIAS ne file pas comme l'éclair. Son Doom est aussi Sludge, mais il ne manque par d'énergie et de férocité quand il s'agit de monter en puissance. Mais ses invitations psychés et la construction intelligente de ses compositions apportent énormément de souplesse et d'air à un des groupes les plus étouffants de la scène.
Ne pas faire avec ces Anglais à l'avenir, serait d'une grande injustice pour le monde Psyché-Doom-Sludge-Heavy-Stoner. Leur deuxième album, hormis un défaut d'un peu moins de sept minutes, possède toutes ses chances pour éviter l'offense.

11Paranoias