Avec seulement cinq titres, la formation va nous emmener dans un tourbillon de Doom, Sludge, Post-Metal et de Stoner abyssal. Non seulement ORTEGA brasse avec brio ces différents courants mais en plus, il explore à tour de rôle les différentes facettes de son style afin de proposer un album chargé de puissance, de cohérence et de nuances.
Enregistré auprès de John Bart Van Der Wal (ABORTED) et masterisé par un maître dans le style, James Plotkins, Sacred States invite également Maurice De Jong de GNAW THEIR TONGUES (Void) et Ethan Lee McCarthy de PRIMITIVE MAN (Descending Ladders) afin d'élargir encore un peu plus sa palette.
C'est probablement le problème de ORTEGA, cette vision artistique large. Si il ne faut surtout pas reprocher aux Néerlandais d'élargir les horizons de leur interprétations musicales, Sacred States, alors qu'il affiche au compteur pas moins de cinquante-cinq minutes de bonne musique, parait court !
Alors qu'il tourne depuis octobre dans mon lecteur, les dernières notes de Void passées me laissent inlassablement cette impression d'avoir écouté un EP.
Ce sentiment provient de la capacité pour ORTEGA à enchainer des titres aux colorations différentes sans se fourvoyer. Que ce soit avec une influence plus Stoner (Strong Eye), plus Post-Metal où il reprend le célèbre gimmick de AMENRA (Maelstrom), dans un registre plus froid et industriel (Descending Ladders), en rampant (Crows) ou en mêlant poids écrasant et envolées aériennes (Void), la formation propose des compositions profondes et empruntes de sa personnalité.
Probablement que le groupe originaire de Groningen n'invente rien ici. Mais sa manière de fusionner, avec une touche personnelle, différentes sources bruyantes, permet d'écouter un Sacred States fluide malgré la sinuosité de ses abysses. ORTEGA nous laisse face à un album lumineux de puissance et sombre d'efficacité. Bref, un disque sur lequel on peut revenir continuellement où ni le style ni la longueur ne sont sources de lassitude.

Ortega
Aborted
Primitive Man