Lock Up avait alors trouvé un line-up stable, bien que les apparitions live du groupe restaient rarissimes, d’autant plus suivant le décès du grand Pintado, remplacé par Anton Reisenegger (Pentagram Chile, Criminal) qui oeuvra sur le sémillant Necropolis Transparent, ultime album sur lequel apparaît Tompa, qui a entretemps réactivé At The Gates et Disfear et a préféré laisser le micro amicalement vacant. Un départ qui m’a fait grandement craindre pour l’avenir du groupe, tant Tompa, animé de sa passion pour le style, empreignait Lock Up de son talent acide.
Pour le remplacer, l’ami Shane n’est pas allé chercher bien loin et a recruté Kevin Sharp, son ami de toujours et compère de Venomous Concept. Libéré de ses obligations envers Brutal Truth depuis la retraite (si on peut dire) de Dan Lilker, Kevin Sharp n’a pas fait mystère de son grand intérêt à rejoindre ce supergroupe (j’insiste) et se voit donc participer, avant même de l’entendre live (exceptées de rares dates données en festival en 2016), à l’élaboration de ce Demonization.
Participer vocalement avant tout, l’écriture des textes restant principalement l’œuvre de Shane Embury – ceci permettant de conserver au passage les thèmes chers au groupe, entre satanisme et antivaleurs. Musicalement, les 14 titres ne surprendront quiconque connait déjà Lock Up : du grinding Death à la Napalm Death/Terrorizer, formé de riffs punitifs et catchy, bastonné par une basse bestiale et bombardé des blasts et autres descentes de toms.
Cependant, et même si l’album est ultra efficace dans le genre, on ne peut refouler cette déception qui pointe à mesure qu'il s’égrène : dans un style plus traditionnel que son prédécesseur, Kevin Sharp fait le job mais ne parvient pas à délivrer ce mordant viscéral qui faisait tout le sel du travail réalisé par Tompa précédemment. Et cette caractéristique associée à la production plus propre, lorgnant plus vers le Death, qu’aux débuts de Lock Up, résulte en ce sentiment ambivalant d’un groupe qui a tenté de rapprocher son feeling old school d'une écriture récente plus moderne.
Alors, si le résultat final n’est probablement pas à la hauteur des albums précédents de Lock Up, il reste cependant bien au-delà de ce que bon nombre de groupes Grind/Death sont capables de produire dans leurs meilleurs jours. Lock Up reste, et restera, dans la catégorie des supergroupes qui ont réellement du contenu à apporter.

Death, Grind, Supergroupe, Napalm Death, Brutal Truth

Napalm Death

Dimmu Borgir
Terrorizer
Hypocrisy

Pentagram (Chile)
