C'est aussi sur l'instant que cette musique se vit dont l'interprétation est sans doute également nourrie par l'humeur du moment ou l'ambiance des circonstances.
Dès lors on peut se demander à quoi bon sortir des enregistrements. Un live, passe encore, c'est une trace ou un souvenir. Un instantané d'un moment T. Mais un album studio ?
Green House est pourtant le premier vrai album studio du duo HETOUHT. Oh rassurez-vous, la spontanéité a été préservée, puisque les dix titres ont été composées sur le moment et enregistrés en une seule journée.
Le grain Live du son est lui aussi sauvegardé histoire de ne pas dénaturer l'expérience. Si le disque donne envie de voir la formation sur scène, notre formatage nous fera sans doute regretter le côté éphémère de ce qu'on aura apprécié de Green House.
Et cette question cruciale revient. A quoi sert un album studio à un tel projet ? Si nous n'étions pas à l'ère du numérique où la consommation dure aussi longtemps que le port d'une paire de chaussettes, j'aurais parié qu'un tel disque n'est pas viable. Mais en 2018, avec la dématérialisation de la musique, la démocratisation des enregistrements ou de la publication de ces derniers, face à un public qui passe d'une écoute à l'autre en deux clicks, pourquoi pas ?
Et tant mieux même, si cette initiative ramène aussi les gens aux concerts. Car HETOUHT, à défaut de répondre à un schéma traditionnel de consommation de la musique, éveille la curiosité et comme beaucoup d'improvisations maîtrisées, donne envie de goûter à un plaisir inappropriable qui donne envie de secouer la tête.

Hetouht