SNATCH et les années 90. Le premier EP éponyme avait bien balisé ce lien et Trilemma assied cet état tout en apportant une certaine maturation.
SNATCH et son chanteur. Suite au départ de Johan, ce sont les cordes vocales de Quentin qui ont eu la lourde tache de reprendre là où la formation du Centre était arrivée.
Si avec ce changement d'équipe SNATCH doit réajuster quelque peu son évolution, on peut entendre que le quatuor s'affirme dans son style.
A_N_O_X_I_A qui ouvre ce 4 titres est plutôt prometteur. L'influence de TOOL est majeure mais ne choque nullement. SNATCH tient la pépite de son répertoire actuel et il ne s'est pas trompé en choisissant cette composition comme single et vidéo.
Ce jeu façon TOOL est d'ailleurs plus précis et présent dans le nouveau SNATCH. On le retrouve aussi sur Thousand Yard Stare et sur le final de Frenesi.
En balançant d'emblée son meilleur titre, SNATCH prend un risque avec la suite. D'autant que Easy Prey est clairement en dessous de niveau imposé par la plage d'ouverture. La composition se veut trop brute et manque de ces subtilités éclairées qui séduisent justement sur A_N_O_X_I_A. Le début de Frenesi plie également sous ce problème mais se corrige en cours de route.
Alors qu'il est très bien sur A_N_O_X_I_A, le chant manque un peu de précision pour la suite, une fois encore sur ces deux compositions centrale de Trilemma. Cette dureté de ton me semble être un reliquat des débuts de SNATCH et pourrait expliquer que l'ancien chanteur de BLOTT rencontre quelques difficultés à se poser justement dessus.
Bien que Trilemma soit un peu inconstant, la qualité de son single et cette évolution marquante vers un style plus ambiancé, fin et travaillé laisse entrevoir un futur SNATCH en mesure de gravir les échelons. Si la formation se stabilise, on attend une prochaine production claquante.

Snatch
Tool