La sortie de ce livre sur Cattle Decapitation était prévue pour fin 2017, puis a été reportée et a même failli être carrément annulée. En cause, quelques soucis pour obtenir les autorisations de publier une traduction française des paroles de Cattle Decapitation. L’ouvrage a fini par sortir en octobre dernier.
Je connaissais très peu Cattle Decapitation avant de lire ce livre. Je savais, vu les pochettes des albums, que c’était un groupe engagé au niveau de l’écologie et des animaux mais, a priori, pas plus qu’un autre. Mais ceci couplé à Robert Culat était gage, selon moi, d’un bouquin intéressant et de qualité.
Petite parenthèse sur l’auteur, Robert Culat. Pour faire simple et clair, c’est un prêtre metalleux. C’est ainsi qu’il est très souvent présenté dans les médias. Il est l’auteur de « L’âge du metal », d’essais sur le végétarisme et le respect des animaux et co-auteur de deux livres sur Opeth et Katatonia.
Dans « Apologie gore », Robert Culat a analysé tous les textes des chansons des sept albums de Cattle Decapitation. Un boulot de dingue ! Une véritable immersion dans la pensée de Travis Ryan, le chanteur du groupe qui a écrit toutes les chansons.
On rentre donc dans l’univers de Cattle Decapitation par les textes, les idées, les valeurs. On en oublie parfois qu’il y a de la musique derrière mais cela n'est pas gênant. Parfois, le texte m’a invitée à (ré)écouter un morceau ou à le lire tel quel comme un poème ou un pamphlet.
Je ne spoile rien en disant que Travis est nihiliste, misanthrope et que l’homme s’en prend plein la tronche. A juste titre. Nous sommes des violeurs de la nature, nous surpeuplons la terre qui étouffe, nous maltraitons les animaux dans les abattoirs, les élevages, les cirques, etc. Le chanteur remet aussi en cause le système économique, la science et la technologie.
Quelques extraits :
« Tu es ce que tu manges, tu es ce que tu chies, tu es ce que tu vomis. »
« La puanteur de l’humanité est épaisse et écœurante. »
« L’humanité habite sa propre merde. »
« L’ignorance c’est la mort et dans cette vie tu as été victime. Ton esprit américain matérialisé. »
Travis réclame vengeance. Il fait le procès de l’humanité et sa conclusion est sans appel : l’homme doit disparaître.
Le dernier album (The anthropocene extinction) est carrément considéré par Robert Culat comme le manifeste écologique de Cattle Decapitation.
Quand on est déjà convaincu par tout ça, on n’apprend rien de bien nouveau au niveau des thématiques mais je recommande quand même ce livre pour plusieurs raisons.
Tout d’abord parce qu’il a été l’occasion pour moi de pouvoir comprendre les paroles de Cattle Decapitation (j’ai beau m’appliquer, je ne capte pas grand-chose à l’écoute). Comprendre les textes et la philosophie d’un album permet de vraiment rentrer dans l’univers musical du groupe. Ça devrait plaire aux fans du groupes tout comme aux personnes intéressées par l’écologie, la cause animale, la société de consommation, etc.
Aussi parce que Robert Culat est un érudit, intéressant qui plus est. Une personne ouverte qui sort de sa zone de confort pour explorer des horizons éloignés et des pensées différentes. Il met en parallèle le metal et la religion, la destruction et la création, le gore et le divin, l’homme et Dieu, etc. et le débat en ressort toujours grandit.
À noter enfin que la cover du livre est juste incroyable !
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