Parfois, déconstruire un projet pour en établir un nouveau s’avère un choix payant (peut-on réellement parler de choix dans le cas d’Anton Kabanen ?). Beast in Black en est l’exemple, From Hell With Love (2019) ne manquera pas de vous en convaincre.
L’album pousse le concept de recyclage à son paroxysme, ou comment faire du neuf avec du vieux tout en étant original. Les idées qui regorgent sur Berserker sont reprises et intensifiées pour aboutir à un objet peu commun. Nous en retiendrons une base de power metal, à laquelle vient s’adjoindre de nombreux styles qu’on pensait usés jusqu’à la corde mais revisités de manière originale.
Ainsi, le titre éponyme, un mix entre chants guerriers et du disco à la sauce metal, incarne les deux facettes présentent tout au long de l’album.
La face A s’articule autour de l’héritage des années 1980 cher à Anton Kabanen, avec notamment de grandes salves de synthétiseur. Cet héritage implose en de multiples voies différentes. Il y a Sweet True Lies, qui n’est pas sans rappeler l’époque d’or du glam metal de Bon Jovi. On relève aussi Die by the Blade avec ses synthétiseurs en folie prolongeant le retour dans le passé, tandis qu’Unlimited Sin et True Believer –un modèle du genre- enfoncent le clou avec des déferlantes de synthétiseurs à outrance. Bien que le traitement soit fort différent, ce voyage dans le temps n’est pas sans faire penser à Prequelle de Ghost.
L’utilisation des synthétiseurs dénote en donnant l’impression qu’il s’agit d’un élément clé (naturel oserais-je dire ?) du power metal, comme si ce dernier puisait ses racines dans la musique pop.
Entre des synthétiseurs accentués, des clips d’une autre époque ou une voix secondaire robotisée, Beast in Black adopte une posture kitch qui peut rebuter, voire horripiler. Soit on apprécie, soit on y voit une parodie de boys band version metal, une sorte de Beaststreet boys taillé pour l’eurovision.
Le face B est à classer dans l’univers du power metal guerrier. Ainsi, Repentless et ses chœurs utilisés épisodiquement ou Heart of Steel iraient à ravir à Sabaton, tandis que This is War semble avoir été volé du coffre secret de Manowar.
Yannis Papadopoulos n’est pas en reste avec une tessiture vocale se confondant tantôt avec une voix féminine –Oceandeep, tantôt capable de nous transporter au travers d’hymnes guerriers ou encore à destination de la grande époque du glam metal. Comme si ce n’était pas suffisant, la piste de clôture, No surrender, vous oppresse sous les cris aigus du chanteur en référence à Rob Halford.
Les paroles, quant à elles, sont calquées sur le thème retenu pour chaque composition. Elles ne sont pas prodigieuses, mais nous n’y voyons qu’un détail de peu d’importance dans le projet développé par les finlandais.
A la condition de s’accommoder des personnalités exubérantes, vous ne pourrez que tomber sous le charme tout à la fois désuet et novateur de From Hell With Love. A cette allure, Beast in Black vont rapidement s’imposer comme étant les Modern Talking du metal et devenir une référence atypique du power metal.
Beast in Black - From Hell With Love - Power metal - Sabaton - Bon Jovi

Battle Beast

U.D.O.
Ghost
Manowar