Trauma (2019) est à l’image des nombreux mois de galère qu’a endurés Brian Burkheiser, l’un des deux vocalistes principaux du groupe. Victime d’une blessure vocale qui a laissé présagé la fin prématurée de sa carrière et éventuellement de l’aventure I Prevail, il a traversé une longue période de dépression qui se ressent de par en part de ce second opus.
La tournée commune avec Escape the Fate a peut-être contribué à l’évolution du style d’écriture de l’album, qui nous rappelle aux souvenirs de la vague emo grand public qui a bercé les années 2000 ; la production assurée par Tyler Smith (Falling in Reverse) doit également y participer. La probabilité est grande qu’un public jeune se retrouve dans cette sensibilité dépressive qui risque néanmoins de rebuter ceux qui ont goûté trop longtemps à la complainte des temps modernes.
La réminiscence de metalcore se circonscrit à Bow Down et Gasoline. Pour le reste, Trauma est à l’image de l’évolution d’une franche importante du metalcore et du rock. Les américains ont décidé de céder aux sirènes du rock mélodique teinté d’électro et touches de rap, quelque part dans les environs du rock alternatif.
Sans fausse note, I Prevail change constamment d’univers au fil de l’album. Ils s’adonnent au rock mélodique en compagnie de Delaney Jane, se la joue façon Bring me the Horizon avec Justin Stone ou se lancent dans des partitions rappées avec une facilité déconcertante –DOA a un flow auquel il est difficile de résister. A chaque morceau, un groupe moderne d’un genre particulier vient à l’esprit : la mélodie pop-rock d’Every Time You Leave s’apparente à State Champs, Rise Above It se rapproche des essais Dupstep de Crossfaith, tandis que Deadweight se structure autour d’un refrain à la voix claire qui pourrait s’assimiler à du Architects.
Soyons clairs, Trauma s’apparente à une frappe chirurgicale qui devrait commercialement être un succès. Le contraire serait immérité, tant chaque incursion dans un univers différent est un succès. Pourtant, au risque de se répéter de chronique en chronique, nous assistons encore à la migration d’un groupe de metalcore vers les eaux de l’électro et des sonorités « FM ». A l’image des chœurs de Rise Above It qui me donne des haut-le-cœur, j’éprouve des difficultés à me retrouver totalement dans cet album tourné vers l’avenir. Si, contrairement à ma petite personne, vous êtes quelqu’un de résolument moderne, foncez écouter ce second opus qui pourrait s’avérer être un des modèles du genre –seul l’écoulement du temps permettra d’entériner cette conclusion.
I Prevail - Trauma - Metalcore - Bring me the Horizon

I Prevail

Bring Me the Horizon

Crossfaith