2019 marque une nouvelle orientation avec le choix fait de ne plus s’associer à un label et de se distancier de la course au succès commercial ; le seul objectif affiché est de se produire sur scène en sélectionnant minutieusement les lieux qui profiteront de leur présence. Déliquescence (2019), second EP de la formation, incarne ce changement. De changement, il en est également question au niveau de la composition du groupe avec la présence studio inédite de Pierre Minet à la basse et Arnaud Vansteenkiste à la batterie.
La découverte d’une production musicale s’apparente à une rencontre amoureuse. Bien que l’enveloppe extérieure ne vous garantisse pas la qualité du contenu, il n’empêche qu’il s’agit de l’élément qui vous aidera à vous forger votre première opinion à propos du nouveau venu. Exuviated l’a compris en confiant la confection de l’artwork de l’EP au voisin cinacien Jean-Philippe Sonnet (Threadbare Artwork). Le visuel, aussi so(m)bre qu’efficace, assure un premier contact qui met l’eau à la bouche.
Ce qui frappe assez rapidement à l’écoute de cette quatrième production, c’est la présence nouvelle de nombreux passages calmes ainsi que la longueur des pistes –trois pistes de 6 et 7 minutes entrecoupées de deux courts titres instrumentaux, la seconde nouveauté s’expliquant sûrement par la première. Déliquescence porte assez mal son nom, nous sommes loin d’une perte de force ou de cohésion. Au contraire, Exuviated commence à franchir un cap en apprenant à moduler la brutalité au compte-gouttes. Fait marquant, au plus j’écoute l’EP au plus je l’apprécie ; c’est un élément qui trompe rarement.
Cette nouvelle étape dans le processus musical des belges ne paraît cependant pas encore être arrivée pleinement à maturité. Il manque encore une couche -ou deux- de finesse supplémentaire qui pourrait faire toute la différence, comme ce fut notamment le cas pour Nailed to Obscurity avec Black Frost au début de l’année. La difficulté majeure à laquelle devra vraisemblablement faire face le groupe à l’avenir sera d’affiner la corde qu’ils ont rajoutée à leur arc, sans pour autant que l’aspect jouissif de leur musique en pâtisse.
Déliquescence surprend –positivement, malgré les ajustements qui devront être réalisés à l’avenir pour agrémenter l’habilité naissante dont fait preuve Exuviated. Cela tombe bien, l’EP devrait constituer le premier rouage d’une pièce en trois actes, dont le second est annoncé pour la fin 2019. Espoir déçu ou renouveau salvateur, le suspense est de mise. A n’en pas douter, nous serons au rendez-vous pour suivre l’évolution musicale entamée.
Exuviated - Déliquescence - death metal - Belgique

Exuviated
Nailed to Obscurity