En à peine cinq ans, Sonata Arctica disposait d’armes suffisantes pour s’imposer au niveau de la scène métal et, probablement, être en haut de l’affiche des festivals spécialisés. Pourtant, depuis lors, le chemin des finlandais est parsemé d’embuches visiblement difficiles à surmonter. Force est de constater que le groupe stagne et peine à se renouveler malgré des tentatives fréquentes d’explorer de nouveaux horizons. Le chant du cygne se dénommerait-il Talviyö (2019) ?
Ce dixième opus marque, mine de rien, les vingt ans d’existence de la formation. Alors qu’on pouvait espérer une explosion de créativité, il n’en est rien. A l’image du visuel représentant un paysage d’hiver, c’est plutôt une marche funeste dans une ambiance glaçante d’ennui qui s’impose à vous.
Talviyö marque par sa longueur, sa monotonie et cette sensation étrange que la bande à Tony Kakko n’a plus rien d’intéressant à partager avec son public. Sur les onze pistes qui le composent, seules Message from the Sun, Who failed the Most et la piste instrumentale Ismo’s Got Good Reactors ont réussi à attirer mon attention. Pour le reste, l’encéphalogramme de mon intérêt est resté désespérément plat.
Alors que la force de leur début héroïque réside probablement dans la puissance insufflée en permanence à leur musique, Sonata Arctica a pris le parti de produire l’opus le plus lent de leur discographie. Message from the Sun a beau être le titre le plus typé power metal de onze pistes, il n’en reste pas moins qu’il ne serait qu’un second couteau s’il avait été intégré dans un des premiers albums.
Conséquence de la volonté de ralentir le pas, nous sommes forcés de subir un agglomérat de lignes mélodiques mollassonnes ; la production discutable n’aide pas à sortir de la torpeur dans laquelle l’auditeur se retrouve prisonnier. Un manque criant de dynamisme se fait ressentir en permanence, problème qui est intensifié par la longueur de l’ensemble -56 minutes quand même. Celui qui a apprécié Pariah’s Child (2014) ou The Ninth Hour (2016) pourrait éventuellement s’y retrouver, mais la probabilité est faible.
Le temps est venu de faire table rase du passé : Sonata Arctica semble définitivement être devenu un collectif de métal mélodique et a tourné le dos au power metal dynamique sur lequel a été forgé son succès. Quant bien même le changement serait digéré, les longueurs et l’ambiance mollassonne qui se dégage de Talviyö en font un exercice qui ne devrait pas retenir votre attention.
Sonata Arctica - Talviyö - Chronique - Tony Kakko

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