Ce n’est pas que les quatre premiers albums des finlandais manquaient de consistance, mais il aura fallu attendre le passage auprès du label Century Media Records pour découvrir l’étendue de leur talent avec One for Sorrow (2011) puis Shadows of the Dying Sun (2014). Pourtant, c’est avec l’album conceptuel Winter's Gate (2016), qui se construit autour d’une piste unique subdivisée en sept parties, qu’ils marqueront définitivement les esprits ; l’opus, bien différent du reste de leur discographie, est un incontournable. Après trois ans d’attente, Heart Like a Grave (2019) assure une relève qui s’annonce périlleuse.
Signe d’une grande maturité, avec Heart Like a Grave, Insomnium a pris le parti de ne pas prolonger ou surenchérir l’expérience introspective de leur dernier effort et revient à ses fondamentaux. L’album distille une dose constante de death metal mélodique animé d’une mélancolie marquée, assez fine pour s’apparenter au meilleur du black metal sans pour autant tomber dans une douceur trop prégnante.
Les finlandais arrivent à déployer une musique mélancolique qui ne manque pas de fraîcheur et d’énergie. Cette capacité de renouveau trouve probablement, à tout le mois partiellement, son fondement dans l’ajout d’une troisième guitare -la seconde rythmique- qui repose dans les mains de Jani Liimatainen -ancien de Sonata Arctica et Stratovarius. Cet apport de sang neuf nous paraît positif tant il engendre une dose de dynamisme qui a parfois fait défaut à la formation.
Tout n’est pourtant pas sans reproche au royaume de la mélancolie. La longueur affichée, 61 minutes pour la version classique qui ne comprend pas les deux titres bonus The True Lorning Star et Karelia 2049, n’est pas toujours justifiée. Certaines longueurs se font ressentir, comme s’ils avaient eu par moment du mal à se contenir, comme s’ils éprouvaient des difficultés à retenir uniquement l’essentiel.
Même s’il n’est pas un chef d’œuvre, ce nouvel opus reste un travail abouti qui impressionne par ses multiples richesses. La comparaison n’engagera que l’auteur de la présente chronique mais la capacité à développer des univers multiples dans un seul et même titre, sans déployer une composition à rallonge, rappelle à certains égards leurs compatriotes d’Amorphis ; la palme de cette caractéristique qui nous a profondément marqués revient à Valediction qui frôle la perfection, en raison entre autres du chant guttural de Niilo Sevänen qui se révèle aussi hypnotique que maîtrisée.
Sans être révolutionnaire, Heart Like a Grave en impose à bien des égards. Plus accessible que Winter's Gate, il n’en reste pas moins un jalon conséquent qui pourrait marquer l’histoire du death metal mélodique à visée mélancolique.
Insomnium - Heart Like a Grave - Chronique - Death metal mélodique

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